Édition du lundi 4 mai 2015


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Ferroutage : le gouvernement abandonne un important projet

Le gouvernement a annoncé jeudi dernier l’abandon de « l’autoroute ferroviaire » reliant le Pas-de-Calais aux Landes. Cette décision, qui a suscité des réactions très diverses, met un coup d’arrêt à un important projet de ferroutage.
Mettre les camions sur les trains plutôt que sur les routes : l’idée n’est pas nouvelle, mais elle a décidément du mal à s’imposer. Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, a annoncé jeudi 30 avril que le gouvernement « ne signerait pas » le contrat permettant la mise en œuvre de l’autoroute ferroviaire reliant la plate-forme multimodale de Dourges (Pas-de-Calais) à Tarnos, le port de Bayonne. Cette ligne, qui était prévue pour transporter – de nuit – 85 000 camions par an, permettant notamment de faire décroître le trafic de poids lourds sur les autoroutes A1 et A10, ne verra finalement pas le jour.
Le gouvernement, en la matière, a visiblement choisi de jouer la prudence et de ne pas rejouer le lamentable feuilleton de l’écotaxe, pour lequel il se retrouve à devoir payer une indemnité faramineuse de quelque 800 millions d’euros à l’exploitant. Dans le cas de l’autoroute ferroviaire, le secrétaire d’État aux Transports précise que le seul document signé à ce jour est un « avant-contrat », conclut entre l’État et une filiale de la SNCF le 20 mars dernier. Si le contrat définitif avait été signé, il aurait inclus le même type de clause : 175 millions d’euros d’indemnité à la charge de l’État en cas de rupture ultérieure.
Les raisons pour lesquelles l’État a choisi de ne pas s’engager sont multiples : Alain Vidalies a évoqué « une rentabilité négative » – ce qui signifie, en langue commune, que le projet coûtait trop cher ; et que l’enquête publique n’avait « pas suffisamment pris en compte les conséquences en matière d’environnement ».
L’une des questions compliquées de ce dossier était en effet celle des nuisances sonores pour les riverains des voies de chemin de fer concernées. Dans certaines communes, en particulier en Ile-de-France, riverains et élus étaient vent debout contre ce projet et contre la perspective de voir des norias de trains rouler en pleine nuit et à faible vitesse. Les maires de Villeneuve-le-Roi et de Saint-Maur, dans le Val-de-Marne, se sont d’ailleurs « félicité » ce week-end de cette décision.
Côté écologiste en revanche, c’est la douche froide : Europe-Écologie Les Verts dénonce une décision parfaitement contradictoire avec « les discours ambitieux sur le climat », à quelques mois de la conférence mondiale COP21 à Paris. La Fnaut (fédération nationale des associations d’usagers des transports) dénonce quant à elle « une décision incompréhensible », qui montre selon elle que « le gouvernement fait passer les intérêts du lobby routier avant ceux de la population ».
Entre cette décision et les évolutions du projet de loi Macron remettant en cause l’équilibre économique des TER (lire Maire info du 15 avril) et le fait que le projet de loi de transition énergétique ne contienne aucune mesure pour le fret ferroviaire, il est vrai que le secteur ferroviaire semble ne pas avoir le vent en poupe du côté du gouvernement.
F.L.

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