Entre records de fréquentation et conséquences du réchauffement climatique : quel est le bilan du tourisme en France en 2026 ?
Par Lucile Bonnin
Les voyants sont au vert côté tourisme pour cet été 2026. Dans une nouvelle étude publiée hier, l'Insee constate une « nouvelle hausse de la fréquentation des hébergements collectifs de tourisme » et ce « malgré une baisse sur la façade Sud Atlantique ». Explications.
Hausse de la fréquentation portée par les résidents et les campings
L’été 2025 affichait déjà de bons scores en ce qui concerne la fréquentation des hébergements collectifs de tourisme français avec 257,8 millions de nuitées. En 2026, ce sont 260,5 millions de nuitées qui ont été enregistrées soit de 2,8 millions de plus que l’année dernière.
Les niveaux historiques de la saison estivale 2023 (249,8 millions de nuitées) ont ainsi été dépassés. L’Insee précise que cette fréquentation a ainsi atteint « son plus haut niveau depuis 15 ans, ce malgré la concurrence accrue des réservations entre particuliers ».
« Les campings sont le mode d’hébergement le plus prisé pendant la saison estivale. Avec 126,5 millions de nuitées en 2026 », est-il indiqué dans l’étude.
La fréquentation des hôtels semble retrouver de sa superbe après une année 2024 relativement décevante. L’Insee compte pour les hôtels 92 millions de nuitées cet été, soit 1,6 million de nuitées supplémentaires par rapport à la saison 2025.
Les statisticiens observent surtout une tendance importante : « La clientèle résidente confirme sa présence nombreuse dans les hébergements collectifs touristiques français en 2026 et explique la totalité des 2,8 millions de nuitées supplémentaires, la fréquentation résidente augmente de 1,6 % par rapport à la saison 2025. » Ces personnes, qui ont leur domicile principal en France, représentent « plus de deux nuitées estivales sur trois dans les hébergements collectifs de tourisme en 2026 ». Ainsi, le secteur du tourisme repose de plus en plus sur la demande intérieure.
De l’autre côté, « la clientèle non résidente ne contribue globalement pas à la hausse de la fréquentation touristique estivale en 2026, mais elle en reste une composante essentielle depuis 3 ans, particulièrement dans les hôtels où elle représente 40 % des nuitées sur la saison 2026 ».
Incendies, succès du rural et du littoral Nord : un été marqué par la canicule
Il ne fait pas de doute que le climat est un facteur déterminant dans les évolutions des habitudes touristiques. L'été 2026 est l’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, selon le bilan climatique de Météo-France. Les statistiques présentées par l’Insee reflètent cette évolution.
D’abord, il est certain qu’avec « 106,3 millions de nuitées en 2026, les hébergements collectifs du littoral français sont un moteur de la fréquentation touristique estivale » . Si la fréquentation est en hausse cette année c’est notamment grâce à la hausse de fréquentation « des façades Manche Est - Mer du Nord (+ 5,6 %) et Nord Atlantique - Manche Ouest (+ 5 %) qui gagnent 1,8 million de nuitées, plus de la moitié de la hausse totale de la fréquentation de la saison ».
Aussi, même si les données restent encore « provisoires », on constate que le littoral Sud Atlantique enregistre une fréquentation touristique en repli de 2,3 % par rapport à 2025, « pénalisée par les nombreux incendies de juillet » . En Gironde, où environ 42 000 hectares ont brûlé, la fréquentation recule nettement, ce qui a pu « peser sur l’activité touristique » même si cela n’explique « qu’une partie du recul ».
Enfin, une autre destination a été « probablement pénalisée par les différents épisodes caniculaires » : les communes urbaines. La fréquentation « des zones urbaines denses est en net repli (- 3,9 %, soit une perte de 2,5 millions de nuitées) ». Dans les grandes villes, la fréquentation de la clientèle résidente recule légèrement (- 0,7 %) tandis qu’elle recule plus franchement du côté de la clientèle non résidente (- 7,7 %).
Le milieu rural en ressort gagnant avec une fréquentation estivale en forte hausse : + 3,2 % de nuitées par rapport à 2025 soit 3,7 millions de nuitées de plus. Ce succès est porté « par l’augmentation de la fréquentation des campings qui y représentent plus de deux nuitées sur trois ». « Les massifs de montagne profitent eux aussi du dynamisme estival de 2026 : la fréquentation y augmente de 1,3 % et représente 45 millions de nuitées en 2026 », peut-on lire dans ce bilan.
L'été le plus chaud jamais mesuré en France n’a pas complètement redessiné la carte des destinations mais certaines nouvelles tendances émergent, montrant ainsi que le secteur du tourisme Français devra s’adapter à l’avenir au réchauffement climatique. Un défi qui concerne aussi les communes qui sont appelées à repenser leurs offres, leurs aménagements et leurs stratégies d'attractivité pour faire face à ces nouveaux enjeux.
Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2
Une mission parlementaire formule des dizaines de propositions pour moderniser la sécurité civile
Les élections municipales en passe d'être annulées dans plusieurs grandes communes
Risque majeur de crues dans les Cévennes : les outils de prévision dont disposent les élus






