Édition du lundi 16 novembre 2015


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Dans les territoires, les maires mobilisés

Dans tout le pays, maires et préfets sont confrontés à des décisions difficiles, entre volonté de manifester l’émotion et la solidarité et les exigences de sécurité.
Premiers touchés, les maires des communes dont sont originaires certaines victimes : au Bataclan, en particulier, des amateurs de musique venus de tout le pays ont été fauchés. Leurs communes leur rendent hommage ce matin, bouleversées, atterrées. Patricia, déléguée de la CGT des communaux de Sevran (93), 61 ans, tuée avec sa fille ; David, instituteur à Bagnolet ; Guillaume, de Cherbourg, Marie, de Metz, Cédric, travaillant au conseil départemental du Calvados, Victor, fils d’un élu du XIe arrondissement parisien, Bertrand, de Tarbes, Mohammed et Djamila, parisiens originaires de Dreux… La terrible liste des 132 morts commence à paraître, et il suffit d’ouvrir la presse régionale pour se rendre compte que toutes les régions sont touchées par le drame.
Spontanément, depuis hier, les rassemblements se sont multipliés, d’abord sur les lieux des attentats, à Paris, et ensuite au cœur des grandes villes. Puis, aujourd’hui, ce seront un peu partout des rassemblements d’hommage, marches blanches, minutes de silence en commun. Rien que dans le Loiret, ce sont une douzaine de rassemblements qui sont organisés, en général à l’initiative des maires et devant la mairie. Dans le Nord, à l’appel de plusieurs maires là encore, plusieurs rassemblements se tiennent aujourd’hui ou se sont tenus hier, où l’on a vu de nombreux citoyens belges passer la frontière pour venir se joindre aux hommages. Des manifestations se sont tenues d’Hyères à Lorient, de Nice à Laval, de Poitiers à Pontarlier, d’Arras à Bourges, Montbéliard, Deauville. Dans d’autres communes, comme à Grenoble, le réseau de transports collectifs va s’arrêter aujourd’hui à midi pendant une minute. Ailleurs encore, comme à La Rochelle, la mairie a mis des registres à disposition des habitants devant l’hôtel de ville.
Partout, les préfets ont annoncé qu’ils n’interdiraient pas ces manifestations, mais qu’ils les « déconseillaient », expliquant, comme l’a fait ce matin Raphaël Bartolt, préfet de Franche-Comté, que « ces rassemblements doivent être encadrés ; ils consomment des moyens humains qui pourraient être employés pour d’autres missions. » Les mêmes interrogations se posent pour les manifestations plus classiques – concerts, manifestations sportives, marchés, premiers marchés de Noël, festivals, brocantes, etc. En Franche-Comté toujours, le préfet a choisi de reporter la rencontre de football Sochaux-Strasbourg, en jugeant que les moyens policiers nécessaires pour sécuriser cette rencontre seraient plus utiles pour contrôler les points de passage à la frontière suisse.
À Bordeaux, plusieurs concerts et festivals ont été annulés. Le maire, Alain Juppé, a demandé d’éviter « tout rassemblement sur la voie publique ». Autre politique en revanche à Saint-Malo, où le maire, Claude Renoult, a déclaré hier : « J’ai pris la décision de maintenir les manifestations prévues ce week-end et dans les jours à venir à Saint-Malo. Continuer à sortir, à se divertir, à se rencontrer ; c’est faire le choix de la liberté, c’est refuser de plier sous le joug de la barbarie, c’est montrer aux terroristes qu’ils ont échoué en affirmant haut et fort : La vie continue ! »
En Ile-de-France, le président du conseil régional annonce ce matin que la région va prendre des mesures exceptionnelles pour protéger les lieux qui sont sous sa responsabilité (lycées, CFA et bases de loisir), et que le conseil du Syndicat des transports en Ile-de-France va se réunir demain pour décider des mesures à mettre en œuvre.
Côté associations d’élus enfin, en dehors de l’AMF, l’Association des maires ruraux a publié un communiqué ce matin pour exprimer sa compassion et appeler la population « à une résistance permanente et sans faille afin de préserver les valeurs universelles de la République ». Jean-Claude Frécon, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, a également réagi en appelant à « faire vivre l'esprit de résistance ». « Contre les forces de la barbarie, dans nos villes, nos communes, partout, nous maintiendrons notre modèle social fait de liberté démocratique et de respect de la personne humaine.» 
E.S. et E.D.
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