Édition du mercredi 15 mai 2019


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Qualité de vie des enfants : des situations très contrastées selon les territoires

Dans une étude publiée vendredi, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) montre de quelle manière les 14 millions d’enfants français sont impactés par les inégalités économiques et les différences d’accès aux services et équipements, selon le territoire dans lequel ils habitent. Si plus d’un tiers d’entre eux bénéficient d’une bonne qualité de vie, pour les autres la situation est plus compliquée.
Les auteurs de l’étude constatent ainsi que « les différentes dimensions ne se combinent pas de façon univoque, certains groupes présentant des caractéristiques socio-économiques favorables associées à une faible accessibilité aux équipements, tandis que pour d’autres c’est l’inverse. D’autres encore offrent un portrait plus homogène ».

Plus d’un tiers des enfants vivent dans des conditions favorables
Fondée sur une soixantaine d’indicateurs collectés sur 3 200 territoires (modes d’accueil des jeunes enfants, santé, accès à l’éducation et résultats scolaires, conditions socio-économiques, conditions de logement, pratiques sportives et démographie), cette étude a permis à ses auteurs de réaliser une cartographie mettant en évidence que seuls 5,2 millions d’enfants français – soit plus d’un tiers d’entre eux – vivent dans des « conditions économiques favorables ».
Ceux-ci résident dans les périphéries aisées des grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Grenoble, Toulouse…). Cumulant un niveau de vie plus élevé et la jouissance d’une bonne couverture en équipements et services, ils bénéficient de temps d’accès aux collèges et lycées courts, d’une densité de médecins parmi les plus importantes ainsi que d’une accessibilité aux places de crèches au-dessus de la moyenne de l’ensemble des territoires métropolitains. Seuls points noirs, les effectifs moyens dans les classes du premier degré et du collège y sont supérieurs à la moyenne.
On peut y ajouter l’ouest du pays et le bassin lyonnais (ainsi que le Jura, le Doubs et le Nord) qui ne se différencient que par des conditions économiques un peu moins avantageuses, mais qui restent « plutôt favorables ». De même, les périphéries de certaines grandes villes (Clermont-Ferrand, Dijon, Nancy, Pau, Tours…), qui présentent un taux de chômage plus bas et moins de familles pauvres, profitent à la qualité de vie des enfants, bien que les équipements et services y soient « moins accessibles ». Notamment les établissements scolaires, les généralistes et les crèches.

Les moins bien lotis dans la « diagonale nord-est/sud-ouest »
Pour les autres enfants, la situation est plus difficile. Parmi eux, 5,6 millions font partie des familles les plus défavorisées. Ils « cumulent souvent des proportions plus élevées de familles sous le seuil de bas revenus, de familles monoparentales, de familles nombreuses, vivant en HLM et de logements suroccupés », observent les auteurs de l’étude.
Dans certaines communes d’Île-de-France (nord de la capitale, Seine-Saint-Denis et sud du Val-de-Marne), dans l’est lyonnais, et plusieurs villes réparties sur toute la France (telles que Le Mans, Saint-Nazaire, Béziers, Roanne, Strasbourg, Reims, Amiens, Lille, Valenciennes…), l’accessibilité aux crèches, médecins ou établissements scolaires plus grande que dans le reste du pays compense en partie. À l’inverse, les territoires ruraux de la moitié nord connaissent une situation économique « moins défavorable », mais un accès aux services de santé et aux crèches particulièrement dégradé.
Les moins bien pourvus se situent le long d’une diagonale allant du nord-est au sud-ouest. Ces 910 000 enfants doivent faire face aux plus mauvais indicateurs : ils cumulent des caractéristiques économiques « plutôt défavorables » et une accessibilité aux équipements « plutôt limités ». Les recours aux soins y sont « parmi les plus faibles », avec « moins de places accessibles en crèche, auprès d’assistantes maternelles ou à l’école, des temps d’accès aux communes des collèges et lycées les plus proches plus importants ».

Les territoires « spécifiques » de montagne et les grandes métropoles
Par ailleurs, les auteurs de l’étude relèvent la situation très disparates et inégales au sein des grandes métropoles de régions (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes, Dijon…). Les 3,1 millions d’enfants qu’elles abritent peuvent tout à la fois faire partie des familles avec des niveaux de vie les plus élevés que parmi celles ayant les revenus les plus bas. Alors qu’ils bénéficient d’un meilleur accès aux équipements, c’est dans ce groupe que les conditions de logement sont les moins bonnes. En effet, « la part d’enfants vivant dans un logement suroccupé est de 13 % en moyenne sur ces territoires, contre 5 % en France métropolitaine ».
Enfin, la Drees rappelle, sans surprise, que les 100 000 enfants situés dans les territoires de montagne sont confrontés à un manque évident d’accessibilité aux équipements et services, à l’exception des crèches.
A.W.
 
Télécharger l’étude.
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