Budget 2026 : l'action sociale n'aura « aucune marge de manoeuvre », estime l'Unccas
Par A.W.
Un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 qui laisse « un sentiment d’inachevé ». Si l’ Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas) estime que la copie finale proposée par le gouvernement « limite la casse pour les collectivités », celle-ci regrette, dans un communiqué publié hier, qu’elle « n’apporte pas de réponse aux interrogations des élus » et estime surtout que ce budget « renvoie à demain les urgences sociales d’aujourd’hui ».
Bien qu’elle se félicite d'un effort budgétaire demandé au bloc communal finalement « moins élevé que redouté », celui-ci « n’offre aucune marge de manœuvre supplémentaire pour l'action sociale de proximité », dénonce l'Union.
« Équilibre fragilisé »
Sur le plan de la solidarité, « les mesures positives comme la revalorisation de la prime d'activité ou le repas à un euro pour les étudiants sont contrebalancées par des arbitrages plus complexes », explique-t-elle, soulignant que « la réduction des effectifs à France Travail et des ministères sociaux interrogent, alors que le chômage stagne et que l’explosion de la précarité exige, au contraire, un renforcement de l'accompagnement humain ».
Pourtant, rappelle l’Unccas, « les chiffres sont là : 9,8 millions de pauvres – record depuis 30 ans –, 1,1 million de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté, 12 % de la population qui ne parvient pas à se chauffer ». Dans ce contexte, les CCAS et les CIAS « assument aujourd'hui un rôle pivot d'amortisseur social » puisque « 71 % d'entre eux ont dû augmenter leur budget depuis 2020 pour répondre aux sollicitations ».
Et l’Union nationale de rappeler que « ce modèle de solidarité locale repose sur un équilibre fragilisé ». « Dépendants à 62 % des subventions communales et dépourvus de ressources propres dynamiques, les CCAS/CIAS sont directement exposés aux arbitrages budgétaires », prévient-elle, en alertant sur « le risque de voir l'action sociale devenir une variable d'ajustement, alors même que les besoins des citoyens sont, par nature, incompressibles ».
Estimant que « l'année 2026 ne peut pas être qu’une année de transition », l’Uncass fait valoir que « les maires et les associations ont besoin de visibilité à long terme pour affronter le mur démographique, le retour de la grande pauvreté et la crise du logement » (lire article ci-contre). Elle appelle ainsi le gouvernement à « lancer dès à présent les travaux législatifs indispensables tels que la loi de programmation pour le bien-vieillir, le plan de rattrapage social pour les outre-mer et la généralisation du dispositif Territoire zéro non-recours ».
Quartiers : 26 structures de soin « en danger »
On peut, par ailleurs, souligner que 26 centres et maisons de santé principalement implantés dans des quartiers populaires ont dit craindre, hier, une réduction drastique de leur budget après « l'abandon » d'un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l'acte pour mieux accompagner les publics vulnérables.
Ces structures craignent une réduction massive de leur budget, qui les mettrait « gravement en danger ». Parmi elles figurent le Château en santé à Marseille, Le Village de Santé d'Echirolles (Isère), ou La Place Santé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Le gouvernement a, toutefois, tenté de les rassurer en s'engageant à « pérenniser » leurs financements alors que, fin janvier, il annonçait à ces structures « la suppression du dispositif », l'expérimentation arrivant à échéance en avril. Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a ainsi promis que « l'ensemble des 26 structures » seront bien « pérennisées et financées », le Premier ministre assurant que « les structures Secpa ne sont pas remises en question ».
Expérimenté depuis 2021, le dispositif Secpa (Structures d’exercice coordonné participatif), doté de 14 millions d'euros en 2025, versés par l'Assurance maladie, représente jusqu'à « un tiers du budget annuel » de ces 26 structures, rappellent-elles dans une pétition et un communiqué.
En complément des « financements ordinaires » (essentiellement le paiement à l'acte), des enveloppes sont dédiées au travail « hors soins » des équipes pluriprofessionnelles qui accompagnent ces patients éloignés du soin (médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé, accueillants...) et aux actions de santé « participative », destinées à renforcer les connaissances en santé et l'autonomie des usagers, comme des ateliers collectifs (activité physique adaptée, enfants et écrans, douleur...). Il finance aussi des consultations de psychologie et le recours à des interprètes.
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