Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 18 septembre 2008
Services publics

La Poste: Nicolas Sarkozy met en place une commission réunissant élus locaux, personnalités qualifiées et représentants des organisations syndicales

En annonçant mercredi la mise en place d'une commission comprenant élus et syndicalistes, le président de la République, Nicolas Sarkozy, s'implique dans le dossier sensible de La Poste, cherchant à calmer les inquiétudes sur les conséquences sociales éventuelles d'un changement de statut. Cette annonce a été accueillie avec scepticisme par les syndicats. «Décidé à engager un débat public sur ce projet», le chef de l'Etat a décidé d'installer «dans les meilleurs délais» cette commission, qui sera présidée par l'ancien directeur général d'EDF, François Ailleret, 71 ans. Signe de l'attention qu'il porte à ce dossier, Nicolas Sarkozy avait réuni mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, le Premier ministre François Fillon et les ministres Jean-Louis Borloo (Ecologie), Christine Lagarde (Economie), Luc Chatel (Industrie) et Hubert Falco (Aménagement du territoire). Composée de «parlementaires, d'élus locaux, de personnalités qualifiées, ainsi que de représentants des organisations syndicales de La Poste et de l'Etat», la commission devra rendre un rapport pour le 30 novembre. Sa tâche, selon l'Elysée: «Evaluer l'impact sur La Poste du contexte concurrentiel propre à chacun de ses métiers en France et en Europe», et «identifier ses forces et faiblesses, dans la perspective de l'ouverture complète à la concurrence au 1er janvier 2011». Elle devra «veiller au maintien des droits et des statuts des personnels de l'entreprise et conforter les missions de service public de La Poste», notamment le service universel du courrier et du colis, a précisé l'Elysée. Le PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly, avait présenté fin août un projet visant à transformer La Poste en société anonyme en janvier 2010 et à lui donner la possiblité d'ouvrir son capital un an plus tard afin de lever des fonds. Syndicats et opposition étaient immédiatement montés au créneau contre ce projet constituant, à leurs yeux, une première étape vers la «privatisation» et une menace contre le service public et l'emploi. Malgré les assurances données par la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur le maintien du statut du personnel, les opposants au projet avaient réclamé «un vrai débat public» et annoncé leur intention de demander l'organisation d'un référendum. Une grève demeure prévue le 23 septembre. Pour sa part, Jacques Pélissard, président de l'AMF, avait estimé récemment que, «s'il est indispensable d'ouvrir le capital de La Poste, il faut sécuriser les rapports entre l'entreprise et les communes» (voir nos infos ci-dessous).

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