Édition du lundi 29 juin 2020


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Ségur de la santé : les maires demandent à nouveau que leur place soit reconnue

 

Plus de souplesse et de moyens d'action au local, c'est le sens de la contribution de l'AMF au Ségur de la santé. L'association a remis ses propositions la semaine dernière. Le document synthétique de 4 pages est accompagné d'une lettre au ministre de la Santé, Olivier Véran, signée de François Baroin. Ce bref courrier marque une certaine irritation du président de l'AMF, qui y regrette que la présence des maires et présidents d’intercommunalité ait été « insuffisamment valorisée lors de cette concertation » et les délais « très contraints » qui l'ont marquée. 

Le retour des conseils d'administration à l'hôpital

Une première salve de propositions de l’AMF porte sur la gouvernance des politiques de santé. Les maires demandent qu'elle soit plus « territorialisée ». Cela passe par le fait que les Agences régionales de santé (ARS) soient placées « sous la responsabilité du préfet de région et de département tout en renforçant l’échelon départemental qui est l’interlocuteur direct des élus locaux. ». Cela doit notamment entrainer une meilleure « redistribution des moyens financiers », au-delà des grandes agglomérations. 
Au niveau des hôpitaux, l'AMF prône le retour des conseils d'administration au sein des hôpitaux. L'enjeu est de renforcer la place des élus, « plus limitée » dans les conseils de surveillance. Les groupements hospitaliers de territoire doivent eux rester à « taille humaine ». Les maires sont en effet peu convaincus des mutualisations « qui augmentent bien souvent les coûts, ont un effet centripète en termes d’offre de soins et coupent les établissements des autres acteurs du territoire (impossibilité par exemple de recourir à l’approvisionnement de proximité) ». 
Enfin, les maires affichent leur volontarisme pour le développement des contrats locaux de santé (CLS), mais demandent pour cela qu'ils soient mieux accompagnés, notamment financièrement, et que leur champ d'action soit élargi « à des mesures favorisant l'accès aux soins ». 
Et pour améliorer la concertation avec les instances politiques et les professionnels de santé, ils suggèrent de réhabiliter des instances perdues de vue, comme les comités départementaux de l’aide médicale d’urgence et de la permanence des soins (CODAMUPS). 

La proximité, toujours la proximité

Les maires formulent par ailleurs dix recommandations pour que l'offre de santé et médico-sociale soit « de proximité, de qualité, accessible et décloisonnée au service de la population ». 
La première vise à « structurer la médecine de ville avec les collectivités locales et leur donner davantage la possibilité d’investir en matière d’immobilier et de salarier des professionnels de santé ». Les soins à domicile nécessitent une « revalorisation des actes de santé faits à domicile ». 
Tandis que la lutte contre les inégalités sociales et territoriales impose, elle, de renforcer le rôle des maires dans la prévention. Ces derniers demandent à ce titre « les moyens de développer des politiques de prévention en santé en lien avec la médecine ». L'enjeu étant aussi de « limiter le recours à l'hôpital ». 
Les maires défendent « l’importance des hôpitaux locaux dans l’organisation territoriale de l’offre de soins ». Ils réitèrent l'exigence de « stopper toute fermeture de service hospitalier public afin de favoriser un aménagement équilibré du territoire et une offre de soins de qualité et de proximité ». Lorsque ces fermetures ont déjà eu lieu, il faut, a minima, « les remplacer systématiquement par la mise en place de consultations avancées ». 
Plusieurs propositions visent à un meilleur maillage de l'offre de soins. Comme le développement des stages en médecine de ville et des maitres de stages pour les accueillir, ou une réflexion sur « la répartition des médecins en lien avec l’installation des autres professionnels de soins tels que les infirmiers, les pharmaciens ». Les maires sont plus circonspects sur l'intérêt du développement à tout va de la télémédecine. L'expérience de la crise sanitaire liée au covid-19 les incite à demander que cet usage soit « encadré », limité à « un outil complémentaire » et territorialisé « afin de limiter ses possibles dérives commerciales et assurer un suivi des patients ».

Des petits Ehpad plus ouverts sur l'extérieur

Enfin, l’AMF plaide pour une politique du grand âge et de la dépendance « ambitieuse ». Cela exige un rôle « conforté » des petits Ehpad, de repenser leur mode de fonctionnement « plus ouvert sur le territoire », et de favoriser un « maillage fin et étroit», en dehors des « critères de nombre de lits édictés par les ARS ». La « revalorisaiton » des métiers du grand âge doit aller de pair avec une revalorisation de leur rémunération, « afin de répondre à la pénurie de professionnels ». Les maires plaident enfin pour que le reste à charge « notamment pour les familles les plus modestes » soit diminué, en Ehpad, mais aussi pour les services à domicile. 

Emmanuelle Stroesser

Télécharger la contribution de l'AMF.


 

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