Maire-info
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Édition du jeudi 22 avril 2021
Santé publique

Santé : 1 000 communautés professionnelles territoriales installées d'ici 2022

Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a confirmé, hier, que « l'exercice coordonné doit devenir la référence d'ici 2022 ». Ainsi, 2 000 maisons de santé pluriprofessionnelles devraient être ouvertes en France d'ici l'an prochain.

Par Ludovic Galtier

Au cœur de la deuxième partie du quinquennat d’Emmanuel Macron, la politique sanitaire pourrait bien être l’un des thèmes majeurs de la prochaine campagne présidentielle. À tout juste un an de l’échéance, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a en tout cas défendu, hier en Conseil des ministres, le bilan des réformes menées depuis quatre ans et donné des perspectives « pour faciliter l’accès aux soins pour tous les Français ».

2 000 maisons de santé pluriprofessionnelles d’ici 2022

« L’exercice coordonné doit devenir la référence d’ici 2022 », a-t-il réaffirmé, dans le cadre de la lutte contre les déserts médicaux. Près de 7,5 millions de Français ont un « accès limité »  à un médecin généraliste, dévoilaient, pour rappel, l’AMF et la Mutualité française en décembre. Au total, 2 000 maisons de santé pluriprofessionnelles devraient ainsi être accessibles en France d’ici l’an prochain, a assuré Olivier Véran. On en compte 1 740 à ce jour. 
Ces structures, qui peuvent regrouper sur un même lieu ou non médecins, infirmiers, orthophonistes, kinésithérapeutes, sages-femmes, dentistes, pharmaciens, « offrent plusieurs avantages », selon le gouvernement. « Pour les patients, elles offrent la possibilité d’une meilleure prise en charge globale et une complémentarité des soins de proximité, en un même lieu ou non. Pour les professionnels de santé, elles permettent le travail en équipe, une souplesse d’organisation, une plus forte attractivité pour les jeunes diplômés et un meilleur ancrage dans un territoire, une rupture avec l’isolement ».
La lutte contre les déserts médicaux passera aussi, selon le ministre, par le numérique et le développement des téléconsultations, bien que près de 14 millions de Français, parmi lesquels les personnes âgées, sont en difficulté avec les outils numériques. 

582 communautés professionnelles territoriales de santé en projet

Dans le même temps, Olivier Véran a pour ambition de soutenir 1 000 établissements de santé et d’installer 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) – 582 sont en projet aujourd’hui – là aussi « pour permettre des prises en charge coordonnées pluriprofessionnelles ». Cette mesure phare de « Ma santé 2022 », plan de transformation du système de santé annoncé par Emmanuel Macron en septembre 2018, poursuit-il, permet aussi de « diminuer la consommation de soins (jusqu’à - 2,3 %) et constitue un facteur d’attractivité pour les jeunes médecins ». 
Les CPTS, constituées de l’ensemble des acteurs de santé rappelons-le, sont chargées d’initier, avec l'établissement ou service de santé, social ou médico-social un projet territorial de santé (PTS). Ces derniers, selon un décret du 9 mars 2020, doivent solliciter « au moins les maires, les présidents des établissements publics de coopération intercommunale et les conseillers départementaux élus sur le territoire envisagé du projet territorial de santé ainsi qu'au moins une association agréée »  de patients. 
Les projets territoriaux de santé doivent permettre de « regrouper tous les contrats locaux de santé déjà signés dans les territoires entre professionnels, collectivités et Agence régionale de santé (ARS) », expliquait, en 2019, à l’occasion de l’examen du projet de loi à l’Assemblée, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé. L’objectif est de « vérifier qu'il n'y a pas de zones blanches, de territoires ou de sujets non couverts : addictions, accès à un médecin traitant, santé mentale... »  et que « tous les acteurs présents sur un territoire travaillent ensemble ».

Lutter contre le renoncement aux soins 

Olivier Véran a engagé, par ailleurs, la lutte contre le renoncement aux soins pour raisons financières. Depuis le 1er janvier, « l’offre 100 % santé »  qui propose des « paniers de soins », est « accessible à tous les assurés disposant d’un contrat de complémentaire responsable et prise en charge à 100 % pour l’optique, le dentaire et l’audiologie par la sécurité sociale et les complémentaires en santé, donc sans reste à payer pour les patients ». 
En décembre 2020, se réjouit le ministre, « déjà 53 % des actes prothétiques dentaires réalisés permettaient un reste à charge à zéro euro pour le patient. L’offre se déploie plus lentement sur l’optique et l’audiologie ». Seulement 14 % des montures et 12 % des verres ont fait, en effet, l’objet d’une vente dans le cadre du dispositif « 100 % Santé », selon Le Parisien.

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