Maire-info
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Édition du lundi 8 juin 2026
Santé publique

Prévention des noyades pour l'été 2026 : la campagne du ministère des Sports déployée de manière anticipée

Après l'épisode caniculaire précoce qui a touché la France en mai dernier, le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative a décidé de lancer sa campagne nationale de prévention des noyades le 5 juin dernier.

Par Lucile Bonnin

Selon le bilan estival de 2025 de Santé publique France, entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, 1 418 noyades ont eu lieu en France dont 409 suivies de décès – soit 29 %. Ces chiffres sont en hausse par rapport à la même période en 2024 (respectivement de + 14 % et + 16 %).

Les conditions climatiques favorables à la baignade contribuent chaque année à augmenter les risques et ainsi le nombre de noyades. « Quand on a des périodes de chaleur étendues, les personnes vont davantage chercher à se rafraîchir et ce dans des conditions qui peuvent être plus à risques comme dans des endroits interdits aux baignades ou non aménagés », expliquait en septembre dernier à Maire info Aymeric Ung, épidémiologiste à Santé publique France, en charge de la surveillance des noyades.

Cette année, un premier épisode de vigilance canicule, particulièrement précoce, a été enregistré. Entre le 26 et le 30 mai, Météo-France a placé 17 départements répartis dans cinq régions métropolitaines (Bretagne, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la-Loire) en vigilance orange canicule. Au total, 26 % de la population française a été concernée par au moins une journée de vigilance orange.

Une mobilisation dès le printemps  

C’est dans ce contexte que le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative a lancé officiellement le 5 juin dernier sa campagne nationale de prévention des noyades, « déployée de manière anticipée afin de répondre aux risques accrus liés aux fortes chaleurs observées dès le printemps ». « Comme chaque année, cette campagne vise à diffuser largement les messages de sécurité et à promouvoir les comportements qui permettent d'éviter les accidents » , peut-on lire dans le communiqué de presse. 

De même, « face à l’allongement de la période propice aux baignades dans un contexte de changement climatique et à des conditions météo de plus en plus clémentes dès le mois de mai » , Santé publique France commence désormais – de façon inédite – sa surveillance le 1er mai pour répondre à ces nouveaux enjeux. 

Condition physique et environnement 

« Nagez accompagné(e) ou en signalant votre lieu de baignade », « Tenez compte de votre état de forme », « Nagez dans les zones de baignade surveillées »  : ces messages de prévention seront largement diffusés via des affiches sur les sites de pratique, dans les clubs de plage, les campings, auprès des professionnels de santé, etc. 

Cette nouvelle campagne prend largement en compte les conseils de prévention formulés par Santé publique France à la fin de l’été 2025. « Pour les jeunes enfants, rien ne remplace une surveillance permanente et rapprochée de l’enfant quel que soit le lieu de la baignade, rappelait alors Aymeric Ung. Chez les adolescents et l’adulte deux choses sont à prendre en compte : il faut évaluer sa condition physique et évaluer les conditions environnementales tout en privilégiant les endroits aménagés pour la baignade et en respectant les interdictions. » 

Il est aussi rappelé d’éviter toute consommation d’alcool avant de se baigner. Les enquêtes noyades ont démontré qu’en cas de consommation d’alcool la proportion de noyades suivie de décès est plus importante. Ainsi, en partenariat avec Voies navigables de France (VNF), de nouveaux messages ciblant spécifiquement les risques de noyades liés à la consommation de l’alcool seront également diffusés. Les ministères de la Santé et des Sports relayeront également la campagne #Coulepastonété de Voies navigables de France qui vise à sensibiliser sur les dangers de la baignade dans les zones non autorisées du réseau fluvial, en ciblant plus particulièrement les enfants et les adolescents de moins de 18 ans.

Enfin, des actions ciblées seront déployées auprès des personnes âgées. Santé publique France rappelle que les personnes de 65 ans et plus ont trois fois plus de risque que leur noyade soit grave (indication d’un décès, d’une anoxie (arrêt cardio-respiratoire en cours d'installation ou avéré et coma aréactif) ou d’une hospitalisation longue) par rapport aux 0-5 ans. 

Un volet préventif oublié ? 

Cependant, même si les recommandations des autorités sanitaires semblent largement prises en compte par le gouvernement, un autre aspect central de la politique de prévention des noyades reste insuffisamment traité : l’apprentissage de la natation et la surveillance des sites de baignade. En premier lieu, il apparaît nécessaire de renforcer les efforts en matière d’apprentissage de la natation chez les plus jeunes, notamment à travers le Plan savoir nager. Cela soulève alors la question de l’accessibilité des piscines pour tous. Depuis plusieurs années, l’AMF alerte sur les besoins spécifiques des piscines municipales, qui constituent des équipements particulièrement coûteux pour les collectivités et dont le parc est vieillissant.

Enfin, face à la pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs (MNS), le gouvernement a engagé plusieurs actions visant à renforcer l'attractivité du métier et à faciliter l'accès à la profession : réforme des formations, élargissement des certifications ouvrant droit au titre de MNS, campagnes de promotion du métier et assouplissements réglementaires. Malgré ces mesures, les tensions de recrutement demeurent importantes dans de nombreux territoires, limitant parfois l'accès aux bassins et la mise en œuvre des politiques d'apprentissage de la natation.

Téléchargez les affiches de la campagne de prévention 

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