Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 7 septembre 2017
Catastrophes

Saint-Martin « détruite à 95 % », Saint-Barthélemy coupée du monde

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C’est le président du Conseil territorial de Saint-Martin, Daniel Gibbs, qui a donné cette nuit ce chiffre glaçant : 95 % de l’île est détruite. Après le passage de l’ouragan Irma sur les petites Antilles – au nord de la Guadeloupe – les informations sont encore rares sur le bilan matériel et humain. Les pouvoirs publics font ce matin état de neuf morts à Saint-Martin ; on ne sait rien du bilan à Saint-Barthélemy, pour l’instant totalement coupée du monde.
Après le passage de cet ouragan classé comme l’un des plus violents jamais survenus et ses rafales de vents à plus de 350 km/h, les premières images montrent pour l’instant des territoires dévastés : les réseaux électriques et de communication sont hors d’usage, les aéroports détruits, les hôpitaux et casernes de pompiers tout ou partie dévastés. Selon le ministre de l’Intérieur, hier, « les quatre bâtiments les plus solides de l’île [de Saint-Martin] ont été détruits », ce qui laisse deviner le sort des bâtiments moins solides. Sur les premières images, on constate que des structures de béton armé ont été littéralement brisées en deux par la force des vents.
Selon les premières informations officielles, données cette nuit par la préfecture de la région Guadeloupe, la préfecture de Saint-Martin est « en partie détruite »  et la caserne de pompiers « sinistrée », ainsi que la gendarmerie. L’île n’a plus d’électricité. À Saint-Barthélemy, « la caserne des pompiers est sous un mètre d’eau, les engins sont hors-service », et la centrale EDF est « inutilisable ». Même les hôtels les plus solides, où se sont réfugiés de nombreux habitants, n’ont pas été épargnés, et des milliers d’habitations ont été détruites – toitures arrachées, fenêtres explosées, murs défoncés par le vent ou par les arbres, les voitures, voire les bateaux emportés par l’ouragan. Il n’y a plus de production d’eau potable sur les deux îles, a indiqué ce matin le ministre de l’Intérieur.
Le bilan humain, sur les deux îles, est pour l’instant très incertain. Le président Macron a évoqué hier soir la certitude d’un bilan « lourd et cruel », et la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a précisé que la plus grande inquiétude règne notamment sur le sort des quelque 7000 personnes, à Saint-Martin, qui ne se sont pas mises à l’abri. Le préfet de Guadeloupe, Éric Maire, a déclaré ce matin que ses services « ne connaissent même pas »  le nombre de blessés et que, de toute façon, l’hôpital de Saint-Martin est inutilisable, les salles d’opération étant inondées.
Il y a 75 000 habitants à Saint-Martin (35 000 dans la partie française et 40 000 dans la partie néerlandaise) et presque 10 000 à Saint-Barthélemy.
L’ouragan Irma n’a bien sûr pas seulement frappé les deux petites îles françaises. Toute la chaîne dite des petites Antilles a été frappée – Anguilla, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Antigua… L’île de Barbuda a été « totalement dévastée »  selon un officiel local : « Barbuda n’existe plus », a-t-il déclaré. L’État de Porto-Rico et ses deux millions d’habitants a été frôlé par l’ouragan, qui se dirige maintenant vers Haïti et la République dominicaine, Cuba et la Floride. Dans cette dernière, les évacuations ont commencé, et le gouverneur envisage de totalement évacuer la ville de Miami (cinq millions d’habitants).
Saint-Martin et Saint-Barthélemy faisaient partie, jusqu’en 2007, du département de la Guadeloupe. Depuis, elles ont toutes les deux le statut de collectivité d’outre-mer. L’île de Saint-Barthélemy et la partie française de Saint-Martin sont, chacune, administrée par une collectivité particulière, le conseil territorial, élu au suffrage universel, qui exerce à la fois les compétences communales, départementales et régionales.
Au nom de l’AMF et de son Bureau, François Baroin, président de l’association, a exprimé hier « son soutien et sa solidarité »  aux habitants et aux élus des îles touchées par l’ouragan. L'AMF indique ce matin qu'elle « invite les communes et les intercommunalités de France à contribuer et à relayer les appels aux dons pour secourir les victimes d’Irma (...) via les ONG déjà mobilisées sur place : Protection-civile.org et Croix-rouge.fr.»  Elle demande par ailleurs « la création urgente d’un fonds de soutien spécifique afin d’aider à la reconstruction des équipements publics essentiels à la population et invite les communes et intercommunalités qui le souhaitent à y contribuer ».
 
F.L.

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