Édition du lundi 18 décembre 2017


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Les maires ruraux contre une région parisienne à deux vitesses

On a souvent tendance à l’oublier, mais l’Île-de-France, « première région urbaine de France, est aussi une grande région agricole et rurale », a rappelé Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, en préambule du colloque organisé vendredi 15 décembre par l’Association des maires d’Île-de-France (AMIF) ; et ces derniers, tout créatifs et volontaires qu’ils soient, ne peuvent rattraper un retard institutionnel d’autant plus criant alors qu’ils se sentent relégués à la périphérie de la plus grande métropole française.
Critiquant une « région à deux vitesses », Stéphane Beaudet, président de l’AMIF, a souligné le fait que « chaque année, le temps de parcours depuis la zone dense jusque dans nos territoires ruraux s’allonge ». Mobilité, santé, développement économique : les territoires ruraux de la région parisienne, pourtant situés à quelques dizaines de kilomètres au maximum de la capitale, sont tout autant oubliés par les réformes institutionnelles.
La ministre a rappelé la volonté du gouvernement de ne mener aucune nouvelle « grande réforme territoriale au cours du quinquennat », à l’exception d’un remodelage de la métropole parisienne, qui fera l’objet d’une conférence nationale des territoires dédiée - elle n’a pour autant pas annoncé de date pour cette conférence, reportée à plusieurs reprises depuis l’été.
Dans la salle, la majorité des participants se sont prononcés en faveur d’une métropole à l’échelle régionale - scénario défendu par Valérie Pécresse depuis son élection à la tête du conseil régional. D’ailleurs, aucun représentant de la métropole ne figurait parmi les intervenants, tandis que la région avait envoyé deux élues.
Anne Cabrit, déléguée spéciale à l’agriculture et à la ruralité, a ainsi présenté la nouvelle version des « contrats ruraux » passés entre la région et les communes de moins de deux mille habitants, pour une durée de trois ans (contre cinq précédemment), ce qui permet d’en signer deux par mandat. Cette année, cinquante d’entre eux ont été conclus, a-t-elle ajouté, rappelant que le budget de la région, soumis au débat cette semaine, comporte une augmentation de 23 % de la ligne consacrée à l’agriculture.
Sa collègue Alexandra Dublanche, vice-présidente au développement économique, a en outre rappelé le doublement du budget consacré à la réduction de la fracture numérique : si 85 % de la ville de Paris est couverte par le très haut débit, cette proportion tombe à 15 % en grande couronne…
Pour autant, cela n’empêche pas les maires ruraux d’innover, à l’image de Gilles Caupin, dont la commune de Treuzy-Levelay (Seine-et-Marne) a mis en place une solution d’e-administration, ou de Bruno Huisman à Valdmondois (Val d’Oise), qui a numérisé l’enseignement dans son école rurale de cinq classes grâce à l’achat de tableaux numériques.
D’où l’importance de laisser les territoires expérimenter, a souligné Stéphane Beaudet, ajoutant que les « partenariats avec les entreprises » étaient aussi la clé de la vitalité des territoires ruraux.
E.G.E.
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