Édition du mercredi 7 décembre 2005


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Les régions de France cherchent à exister dans un «contexte de recentralisation», dit leur association

Le premier congrès de l'Association des régions de France (ARF), aujourd’hui et demain à Bordeaux, devrait être une nouvelle fois l'occasion pour cette association, largement dominée par le PS, de faire le procès du gouvernement en matière de décentralisation. Depuis les élections régionales de 2004, qui avaient vu le PS l'emporter dans 20 des 22 régions françaises, seules la Corse et l'Alsace restant à l'UMP, le PS dispose, avec les exécutifs régionaux et leur association d'élus, d'une tribune qu'il ne se prive pas d'utiliser pour attaquer les choix du gouvernement. L'adoption en début d'année des budgets régionaux, marqués par de fortes hausses de la fiscalité régionale, avait ainsi été l'occasion d'une polémique. Tous les présidents de région PS avaient accusé l'exécutif de ne pas transférer aux régions les moyens correspondant aux charges nouvelles qui leur incombent dans le cadre de la décentralisation. Selon une étude d'impact de la décentralisation à l'horizon 2010, présentée aujourd'hui à Bordeaux, la dégradation de la solvabilité financière des régions est inéluctable. Le premier scénario, dressé par un cabinet d'audit, montre que la limitation à 2% par an de la hausse des taux d'imposition se traduirait par un quasi-triplement de la dette régionale. Dans cette hypothèse, l'encours atteindrait 33,9 milliards d'euros en 2010 et les régions mettraient douze ans, soit quatre fois plus de temps qu'aujourd'hui (2,72 ans) à tout rembourser. Avec une hausse de 6% de l'impôt, elles en mettraient encore deux fois plus. Que ce soit sur les transferts de personnel non-enseignant dans les lycées, la formation des personnels sociaux et sanitaires, les menaces de suppression de lignes Corail, les dispositions de la loi de finances pour 2006, la politique sociale... les occasions n'ont pas manqué depuis à l'ARF pour dénoncer les projets de la droite. Y voyant une volonté de «revanche politique» après les régionales de 2004, mais aussi la persistance d'un état d'esprit jacobin, elle revendique au contraire une nouvelle étape de la décentralisation pour permettre aux régions d'assurer, à l'image de ce qui se fait ailleurs en Europe, davantage de compétences avec plus de moyens. «L'enjeu de ce congrès, explique Alain Rousset, président de l'ARF, c'est de faire exister la région dans un contexte de recentralisation, alors que les compétences des régions portent l'avenir et une part de la croissance.» «Ce qui n'empêchera pas, poursuit le président de la région Aquitaine, de poser au gouvernement les questions qui fâchent sur la façon de travailler avec les régions». Quelque 700 à 800 participants - élus des conseils régionaux et membres des comités économiques et sociaux régionaux - sont attendus à Bordeaux mercredi et jeudi. Un congrès que les élus régionaux UDF ont décidé de boycotter pour protester contre le manque de pluralisme dans le fonctionnement de l'ARF et des exécutifs régionaux dirigés par le PS. Selon eux, «le Congrès va se résumer à une grand-messe socialiste». En revanche, les deux présidents UMP de région, Adrien Zeller (Alsace) et Camille de Rocca Serra (Corse) seront présents, selon M. Rousset.<
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