Édition du lundi 11 octobre 2004


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Le gouvernement de Polynésie française renversé samedi soir par le vote d'une motion de censure

Le gouvernement de Polynésie française présidé par le leader indépendantiste Oscar Temaru a été renversé samedi soir par le vote d'une motion de censure à l'assemblée territoriale après moins de quatre mois d'existence. Le président du gouvernement renversé a aussitôt dénoncé une "manoeuvre" de Paris. Sur 57 élus, 29 ont pris part au vote et se sont déclarés en faveur d'une motion de censure déposée par le parti Tahoera'a Huiraatira du sénateur UMP Gaston Flosse, précédent président du gouvernement, battu aux élections territoriales du 23 mai. Cette motion dénonçait "l'incapacité" du gouvernement de coalition d'Oscar Temaru, constitué d'indépendantistes et d'autonomistes, à gouverner ce "pays d'outre-mer" français. Le vote est intervenu au terme de deux jours de débats épuisants, marqués par une tentative d'agression au couteau contre le sénateur Flosse, vendredi soir, en fin de séance. La motion votée, le président de l'Assemblée de Polynésie, Antony Geros, lui aussi indépendantiste, a levé la séance immédiatement, rejetant une requête de Gaston Flosse qui lui demandait de fixer la date de l'élection du futur président. Les 57 représentants polynésiens doivent se réunir dans les deux semaines à venir pour élire un nouveau président. Pour le moment, s'il fait figure de candidat le plus probable, Gaston Flosse a refusé de préciser s'il entendait reprendre en mains les affaires du territoire ou favoriser l'émergence d'un successeur. Oscar Temaru était devenu président de Polynésie française à la faveur d'une dissolution de l'assemblée territoriale voulue par Gaston Flosse. Celui-ci s'était alors retrouvé en minorité d'une voix à l'assemblée au soir des élections du 23 mai. Le dirigeant indépendantiste accuse Paris d'avoir menacé de réduire les subventions de l'Etat central à la Polynésie. "La population de Polynésie n'a pas voté comme le gouvernement central le souhaitait. Il faut donc la punir et pour cela on utilise le chantage à l'argent", a-t-il dit. "De quelle démocratie parlons-nous ? Parlons plutôt de voyoucratie." Le 23 mai, après l'adoption du nouveau statut de la Polynésie française, désormais très autonome par rapport à la métropole, Gaston Flosse, malgré un changement des règles du jeu électoral en sa faveur, avait perdu à la surprise générale de 397 voix seulement les élections territoriales. La ministre UMP de l'Outre-mer Brigitte Girardin a nié dimanche sur France Info que le renversement du gouvernement de Polynésie française ait pu être le fruit d'une "manoeuvre" de Paris, comme l'affirme le dirigeant indépendantiste. "Il y a un statut qui prévoit la possibilité de censurer le gouvernement (territorial) (...) C'est un fonctionnement normal d'un système parlementaire. Je ne vois pas ce qu'il y a de contraire à la démocratie. Ce sont des institutions classiques (...) et j'observe qu'elles ont fonctionné normalement." "Je souhaite que chacun garde son calme dans cette affaire", a-t-elle ajouté. "Il n'y a pas de manoeuvre de qui que ce soit. En tout cas nous sommes très vigilants (pour) que le processus démocratique se déroule normalement."c=http://www.
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