Édition du mercredi 7 juillet 2004


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Gouvernement et présidents de régions : le dialogue de sourds se poursuit

Le président de l'Association des régions de France (ARF), Alain Rousset (PS), a qualifié mardi de "surréaliste" la réunion à Matignon des présidents de régions avec Jean-Pierre Raffarin sur la décentralisation. Pour sa part, le gouvernement reproche aux présidents de région de gauche d'être "dans la polémique politicienne". "On sort d'une séance qui nous a semblé surréaliste, comme si on ne vivait pas le même film", a indiqué M. Rousset, lors d'un point de presse au siège de l'ARF. Selon le président de l'association, au cours de cette réunion, "on a eu l'impression par moment de ne pas être dans un même pays", "comme si dans toutes les régions des chantiers en nombre considérable ne s'arrêtaient pas par absence de financement de l'Etat, comme s'il n'y avait pas d'inquiétudes majeures dans le transfert des enseignants, comme si le transfert des compétences ne va pas se traduire par un gigantesque transfert de fiscalité". "On a des mots du Premier ministre qui se veulent rassurants, mais qui nous semblent, au vu de la réalité du terrain, complètement différents", a dit le président de la région Aquitaine. Selon lui, sur les quatre questions posées --transfert des TOS, transfert des charges, arrêt des chantiers, amendement du Sénat visant à "réduire les prérogatives" des régions-- les présidents de région n'ont pas eu de réponse. "Raffarin ignore les résultats des élections, capitule devant ses troupes et humilie les régions. Le couple Etat-régions est vraiment mis à mal", a résumé de son côté François Patriat (PS). Le président de la Région Bourgogne a fait part de son indignation que les présidents de régions de gauche se soient vus interdire l'entrée principale de Matignon et aient entendu le Premier ministre assimiler leur venue à "un coup de force". "Il nous appartient d'informer les citoyens sur les conséquences de l'entêtement du gouvernement", a conclu M. Rousset. "Nous ne sommes pas la majorité parlementaire, nous ne sommes pas un contre-pouvoir, nous sommes au mieux des collectivités qui, dans le cadre de nos compétences, pouvons jouer un rôle d'amortisseur de protection à l'égard du désengagement de l'Etat", a-t-il ajouté. De son côté, Jean-François Copé, ministre délégué à l'Intérieur, a reproché mardi aux présidents de région de gauche, qui s'opposent au gouvernement sur la décentralisation, d'être "dans la polémique politicienne". Avant ce rendez-vous qui s’est tenu à 18 h 00, le ministre a indiqué : "On est dans la polémique politicienne. Il faut essayer d'en sortir par le haut. Ce sera le message que le Premier ministre délivrera" au bureau de l'Association des régions de France (ARF). Selon M. Copé, les présidents de régions de gauche (20 sur 22 en métropole) constituent "un groupe profondément divisé". "Il y a ceux qui aimeraient bien gérer leur région, mais ils sont débordés par toute une partie d'entre eux qui veulent faire de la politique politicienne et récupérer le cadre régional pour faire croire qu'ils peuvent constituer des contre-pouvoirs au gouvernement", a-t-il expliqué. Ainsi, a-t-il estimé, Alain Rousset (Aquitaine) et Jean-Paul Huchon (Ile-de-France) sont plutôt "dans une logique de gestionnaire". A l'inverse, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, se situe dans "une logique très dure, qui n'a plus rien à voir avec l'intérêt de sa région".c=http://www.clsidw.com/b.
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