Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 19 novembre 2012
Politique de la ville

Zones urbaines sensibles : toujours plus de pauvreté

Remis vendredi 16 novembre au matin au ministre délégué à la Ville, le rapport annuel de l’Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles (ONZUS) consacre un chapitre à la population qui a emménagé en ZUS entre 2005 et 2009. Soit près de la moitié des résidents. Ces nouveaux arrivants (plus jeunes) ont des revenus fiscaux plus faibles ; si ce phénomène est général, il s’avère nettement plus accentué en zone urbaine sensible. « En 2010, le taux de pauvreté était trois plus élevé parmi les résidents des ZUS qu’ailleurs ». L’enjeu serait de faire en sorte que ces territoires soient des « territoires de rebond » où « les habitants trouvent un accès aux services dont ils ont besoin », commente l’ONZUS qui met ainsi en perspective ce constat avec les réflexions sur la refonte de la politique de la ville engagée par le gouvernement.
Dans l’avant propos, Bernadette Malgorn, présidente du conseil d’orientation de l'ONZUS, insiste sur ces « nombreuses arrivées et nombreux départs » qui doivent, selon elle, relativiser « ce sentiment que les écarts entre ces territoires et le reste des unités urbaines se maintiennent et qu’ainsi la situation ne s’améliore pas ».
Les indicateurs livrés par ce 6è rapport annuel renvoient pourtant, de façon brute, un état des lieux malgré tout où ces écarts s’imposent de façon durable : recul de l’emploi, hausse du chômage, des collégiens plus souvent orientés vers les filières professionnelles, des adultes en moins bonne santé et rencontrant plus de difficultés d’accès aux soins. En revanche, les ZUS recensent moins d’atteintes aux biens et aux personnes au même niveau que dans leurs circonscriptions, et pourtant, leurs habitants ont un sentiment d’insécurité plus répandu qu’en dehors des ZUS.
L’ONZUS poursuit aussi l’étude du « sentiment de discrimination », notamment lié à l’origine, la nationalité ou la couleur de peau. 17 % des habitants (de 18 à 50 ans) s’en déclarent victimes, soit trois fois plus qu’en dehors d’une ZUS. Les femmes le subiraient moins.
La situation des femmes est d’ailleurs l’une des autres thématiques creusée dans ce rapport. Une sur deux ne travaille pas, malgré un parcours scolaire plus réussi ou moins chaotique que les garçons. L’ONZUS avance plusieurs explications : l’orientation au lycée vers des filières bouchées ou « le poids des structures familiales » (mère seule ou mère au foyer de famille nombreuse).

Télécharger le rapport de l'ONZUS
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