Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 1er février 2013
Politique de la ville

Politique de la ville : entre 500 à 1 000 quartiers retenus comme prioritaires

Entre 500 à 1 000 quartiers sensibles devraient rester bénéficiaires des crédits de la politique de la ville, contre 2 500 actuellement, a annoncé hier le ministre chargé de la Ville, François Lamy, lors de la séance de clôture de la concertation nationale sur la réforme de la géographie prioritaire. Après avoir rappelé que le budget alloué à la politique de la ville était de 500 millions d’euros, le ministre a réaffirmé sa volonté de « concentrer les moyens sur un nombre redéfini et restreint de territoires ». Les critères retenus pour sélectionner ces futurs « territoires cibles » devraient s’appuyer sur un nombre restreint d’indicateurs sociaux comme le revenu des ménages et le taux de chômage, dont principalement celui des jeunes. François Lamy a tenu aussi à rassurer les élus qui verraient un des quartiers de leur ville sortir du dispositif. « La sortie de ces territoires se fera en sifflet », a-t-il annoncé.
Les futurs contrats de ville, contrats uniques, associeront beaucoup plus de partenaires qu’aujourd’hui, a également précisé le ministre, évoquant la Caisse d’allocations familiales, Pôle emploi, les recteurs d’académie mais également le département et la région. Ces contrats seront signés à l’échelle de l’intercommunalité. « Je proposerai que la politique de la ville soit une compétence exclusive des communautés d’agglomération », a par ailleurs annoncé François Lamy. « Il ne s’agit pas de dessaisir les maires mais de responsabiliser les EPCI qui se retranchent derrière l’intérêt communautaire », a-t-il aussitôt complété. Cette nouvelle attaque contre la liberté qu’ont aujourd’hui les maires de définir leur intérêt communautaire devrait rencontrer à coup sûr l’opposition de nombre d’entre eux. L’Association des maires de France est d’ailleurs totalement opposée à cette hypothèse.
Faire de la politique de la ville une compétence exclusive des communautés d’agglomération, mais également des communautés de communes concernées par des territoires en politique de la ville, trouve son origine dans les travaux de la mission Pupponi sur la péréquation et la politique de la ville. Présent lors de cette séance de clôture, François Pupponi a d’abord proposé la création d’une dotation politique de la ville (DPV) réservée aux territoires prioritaires. « Il est absurde d’avoir fait la rénovation urbaine si on ne donne pas les moyens aux communes d’entretenir ces quartiers », a lancé le député-maire de Sarcelles. Cette DPV serait versée par l’Etat aux intercommunalités dans le cadre des futurs contrats de ville, ces dernières s’engageant en contrepartie à aider, elles aussi, leurs territoires prioritaires.
Lancée le 11 octobre dernier à Roubaix, cette concertation sur la réforme de la politique de la ville a été menée au sein de trois groupes de travail qui remettaient hier leurs 25 recommandations au ministre. Ces recommandations « alimenteront », comme l’a précisé François Lamy, le prochain Comité intermistériel des villes (CIV) prévu le 19 février prochain.
C.N.
S'ABONNER GRATUITEMENT NOUS ÉCRIRE
PARTAGER
IMPRIMER


Retrouver une édition

Sur le site de l'AMF
Accéder au site