Édition du mardi 13 mars 2018


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Mayotte : l'État veut engager « un travail de long terme »

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré ce matin que l'État entend engager « un travail de long terme » avec les élus locaux, les syndicats et les acteurs économiques de Mayotte, où le mouvement de contestation entre dans sa quatrième semaine.
« Le premier sujet dans l'immédiat était de faire en sorte que la rentrée scolaire se fasse », ce qui a été le cas pour « 110 des 180 classes à Mayotte », a-t-il déclaré sur France 2, en rappelant que « 1 000 forces de sécurité supplémentaires ont été déployées » à cette occasion.
« Il fallait agir dans l'urgence sur la rentrée scolaire, sur la sécurisation, et ensuite c'est un travail de long terme qu'il va falloir engager avec les élus, avec le monde économique, avec le monde syndical et avec l'ensemble des administrations sur l'île », a-t-il poursuivi, soulignant que « cela fait des années voire des décennies que la situation est difficile ».
« Il y aura une conférence pour l'avenir de Mayotte (annoncée début mars, NDLR) tenue par la ministre des Outre-mer », Annick Girardin, et avant cela des assises ont permis de « nourrir de premiers éléments sur ce qu'il faut mettre en place », a expliqué le porte-parole qui a assuré qu’il « y aura des moyens supplémentaires ».
En déplacement à Mayotte depuis hier, la ministre des Outre-mer va rencontrer cet après-midi l'intersyndicale et le collectif, initiateurs du mouvement de contestation populaire, alors qu’une grande manifestation se déroule aujourd'hui à Mamoudzou, la plus grande commune de l'île.
Si l'intersyndicale et le collectif avaient refusé de rencontrer la ministre hier (en dénonçant une « mascarade » et regrettant qu'il n'y ait « aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications »), celle-ci a toutefois discuté avec des élus.
L'intersyndicale avait présenté vendredi 50 mesures revendicatives, portant notamment sur l'éducation, comme la réduction des effectifs des écoles et le placement de l'ensemble du département en réseau d'éducation prioritaire renforcé, les mineurs étrangers isolés, l'immigration clandestine, la santé et les aides sociales.
Annick Girardin avait indiqué, lors d'une conférence de presse, qu'il y avait, parmi ces revendications, « des mesures qui méritaient d'être travaillées avec les auteurs de cette plateforme ». Les élus ont de leur côté présenté un « plan de convergence » sur dix ans, chiffré à environ 1,8 milliard d'euros.
Annick Girardin a par ailleurs fait plusieurs annonces concernant la sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine, au cœur des revendications des manifestants, et assuré que Mayotte resterait un département français. Mais elle a appelé à redéfinir les compétences du département et à renforcer l'accompagnement de l'État. Elle a d'ores et déjà promis de revenir avant la mi-avril, pour voir l'avancée des travaux engagés par Jean-Jacques Brot, ancien préfet de Mayotte, Lucas Lambert, directeur de la gendarmerie de l'Outre-mer, et Jean Courtial, conseiller d'État.
Ils vont travailler sur « cinq piliers » : la lutte contre l'immigration clandestine, la coopération avec les Comores, un plan d'investissement public, le renforcement de services de l'État et le fonctionnement des institutions du territoire. (AFP)
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