Édition du mardi 1 mars 2016


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Le risque d'inondation moins bien pris en compte dans les Outre-mer

Le risque de « submersion rapide », particulièrement présent dans les Outre-mer exposés aux dépressions cycloniques, aux risques sismiques ou aux tsunamis, est pourtant moins bien pris en compte dans ces territoires qu’en métropole, selon un rapport publié le 19 février par les ministères de l’Intérieur et de l’Écologie et le CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable).
Ce rapport, issu de la mission chargée d’évaluer le « Plan submersion rapide » mis en place par le gouvernement après les inondations causée par la tempête Xynthia sur la façade atlantique en février 2010, souligne « le retard » des Outre-mer en matière de prévention de ce risque.
Pourtant, insistent les auteurs du document, « les conditions géographiques et climatiques combinées aux spécificités des contraintes d’aménagement et des contextes sociaux entraînent une exposition proportionnellement plus forte de ces territoires ».
Dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), la mission constate que la responsabilité de ce retard est partagée entre l’État et les collectivités locales. Elle souligne par exemple que les Drom sont « moins bien pris en compte » par l’État dans le « plan de prévention des submersions rapides », que l’Outre-mer est absent de la gouvernance nationale du dispositif, et que l’Observatoire national des risques naturels « ne couvre pas l’Outre-mer ». Elle note aussi « une capacité technique limitée des services de l’État » dans ces territoires, des « inerties locales » pour mettre en place des plans de prévention des risques, « une absence de culture du risque inondation hors cyclone » chez les populations, et des « difficultés » pour contrôler la légalité des constructions en matière d’urbanisme.
En Guyane par exemple, l’agence de l’urbanisme estime à plus de 30 000 les constructions spontanées, dont 12 % situées en zone de risque. La mission préconise à ce sujet de « construire en association avec les collectivités locales, une politique partagée de lutte contre la construction en zone à risque ».
Ce retard n’est pas « inéluctable », note la mission, qui salue l’exemple de La Réunion, département le plus avancé en la matière.
Parmi ses préconisations, la mission estime nécessaire d’affirmer « une volonté nationale d’aider les Drom à rattraper leur retard », et suggère de les considérer comme « des territoires d’innovation sur des thématiques les concernant directement ».
Elle recommande de faire des départements d’outre-mer des territoires « prioritaires » dans la mise en place du Système d’alarme et d’information des populations (SAIP), de faire partager les bonnes pratiques identifiées dans chaque territoire, et de revoir la mise en œuvre des règles d’urbanisme. Autre recommandation : « Clarifier la répartition des responsabilités de l’entretien des cours d’eau entre l’État et les collectivités locales, notamment dans la perpective de la mise en œuvre de la Gemapi ».
Pour les autres collectivités ultramarines (Polynésie, Saint-Martin, etc.), la mission a constaté la disparité des compétences en matière de prévention des inondations et des submersions marines. Elle souligne notamment que les compétences doivent être clarifiées en Nouvelle-Calédonie concernant la prévention des risques à Wallis-et-Futuna.
F.L. (avec AFP)
Télécharger le rapport.
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