Édition du jeudi 31 janvier 2019


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Au congrès des élus au Numérique, Villes Internet adopte une motion et demande des moyens au gouvernement

Villes Internet célébrait, mardi 29 et mercredi 30 janvier, un double événement. Forte de ses 450 adhérents (maires, élus, agents de la fonction publique territoriale), l’association a soufflé la vingtième bougie du label national « Territoires, villes et villages Internet » – 234 collectivités ont été récompensées par un label symbolisé par un ou plusieurs « @ » – et ouvert le premier congrès national des élus au Numérique à l'Espace Grande Arche de La Défense (Hauts-de-Seine). Une façon pour l’association, désormais présidée par l’universitaire Mathieu Vidal – qui succède à Emmanuel Eveno – de développer, à l’heure de la transition numérique, « une expression plus politique » et de jouer un rôle dans le débat public.
Pour preuve, une motion, comprenant huit revendications, a été adoptée hier pour interpeller directement le gouvernement.
Partage de compétences entre communes, intercommunalités et l’État, dématérialisation des services publics, ouverture des données publiques… Elle reprend les interrogations et les inquiétudes exprimées par les élus pendant le congrès. Ainsi, Villes Internet demande, en premier lieu, que « la première fracture, celle de l’accès au très haut débit (soit) véritablement résorbée au plus tôt ». Présent à Puteaux mardi, Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, a confirmé - s’il le fallait - que « le numérique a creusé les inégalités territoriales » et rappelé notamment l’engagement, inscrit dans le Plan France Très haut débit (financement de 3,3 milliards d’euros de l’État), de fournir du bon débit pour tous en 2020 et du très haut débit en 2022 afin que le numérique « soit un droit pour tous ». Il y a « onze départements sur lesquels j’ai des alertes », a indiqué le ministre, sans en faire la liste. S’agit-il d’une coïncidence ? Onze, c’est aussi le nombre de départements qui ont opté pour les Appels à manifestation d'engagements locaux (Amel) – finalisés à la fin de l'année 2018 – pour le raccordement à la fibre optique Ftth (lire Maire info du 7 décembre 2018).

Édouard Philippe veut « développer » les maisons de service au public
Comme les infrastructures, les usages numériques ont, eux aussi, été longuement évoqués. Deux revendications en font état : la première vise à « accompagner et former tous les publics à tous les âges » – l’illectronisme touche aujourd’hui 13 millions de Français –, la seconde concerne « une proximité renforcée et une meilleure médiation ». Pour l’association, « les mairies doivent rester le point d’entrée local » et « l’État doit proposer des solutions techniques intuitives et fiables, et des moyens humains permettant un meilleur accès aux services ». « Le numérique n’est pas la baguette magique d’Harry Potter », résumait finalement le maire d’Igny (Essonne) et référent numérique de l'APVF, Francisque Vigouroux. « Il faut de l’humain à côté. »
Interrogé hier sur France Inter sur la politique du gouvernement à destination des personnes éloignées du numérique, le Premier ministre Édouard Philippe a expliqué qu’il « faut faire en sorte que l’administration s’organise pour être à leur disposition. C’est pourquoi nous développons les maisons de service au public (MSAP) », notamment dans les mairies. On en compte, pour l’heure, 1 350, selon le Commissariat général à l’égalité du territoire (CGET). « Ça prend du temps, ça veut dire de la réorganisation, ça veut dire des dépenses d’investissement, des dépenses de formation mais c’est déjà engagé », a insisté le chef du gouvernement.

« Un élu au Numérique dans chaque collectivité »
Autre revendication de Villes Internet : « L’État doit coordonner et financer le déploiement de dispositifs publics d’accompagnement aux usages et aux services numériques par des professionnels et dans des espaces publics dédiés (fablabs, espaces de télétravail, colieux…) facilement repérables ». Par vidéo interposée, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, a rappelé que « l’État encourage le développement des tiers-lieux. 300 millions d’euros seront débloqués dans les prochains mois ».
Il en faudra davantage pour convaincre Anne Le Henanff, vice-présidente de Villes Internet et adjointe à la mairie de Vannes (Morbihan). Elle estimait hier que « l’État est le grand absent de la transition numérique dans les collectivités territoriales ». La motion insiste donc sur « une prise en compte des moyens humains et financiers nécessaires, au bénéfice des collectivités ». « Cela passe par un élu au numérique et un référent dans chaque collectivité, ou mutualisé entre plusieurs collectivités. L’État se doit de nommer un référent territorial au numérique afin d’accompagner les changements qu’il impose. »
Adoptée hier, la motion sera remise prochainement au gouvernement.
À Puteaux, Ludovic Galtier
Accéder à la motion.
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