Édition du mercredi 16 septembre 2020


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5G : Emmanuel Macron fait volte-face sur le moratoire

 

Comme prévu, le déploiement de la 5G débutera le 29 septembre avec le lancement des enchères pour l’attribution des fréquences, avant une commercialisation des premiers forfaits 5G à la fin de l’année. Devant un parterre de start-uppers réunis à l’Élysée lundi soir, Emmanuel Macron a confirmé, sans l’ombre d’un doute, que la France « des Lumières » prendrait « le tournant de la 5G », s'opposant à ceux, les écologistes étaient tout désignés, qui préféreraient le retour « à la lampe à huile ». 
« Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », a ironisé le chef de l’État en référence à cette communauté religieuse américaine qui a choisi de vivre en marge du progrès technologique. Le président de la République, qui souhaite que le réseau 5G participe à la relance économique du pays, envoie ainsi, « avec arrogance et mépris » dixit Clémentine Autain, députée France insoumise de Seine-Saint-Denis, une fin de non-recevoir aux demandes répétées de moratoire sur le déploiement de la 5G. Dimanche encore, dans le JDD, près de 70 élus de gauche, dont les maires de 11 grandes villes, exhortaient le chef de l’État à patienter « au moins jusqu’à l’été 2021 » et demandaient « la tenue d’un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques ».

Quid de la promesse faite à la Convention citoyenne sur le climat ?
Surtout, Emmanuel Macron fait fi de la promesse faite, au mois de juin, aux 150 citoyens de la Convention pour le climat. La demande d’un moratoire « en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat » faisait partie des 146 mesures proposées que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Seules trois mesures, « trois jokers », n’avaient pas été retenues à l’époque : la limitation de la vitesse à 110 km/h sur autoroute, une taxe de 4 % sur les dividendes et la réécriture de la Constitution. « Cela ressemble fort à un quatrième joker, regrette Grégoire Fraty, coprésident de l’association Les 150, interrogé dans Le Monde. Nous demandons le respect de la parole donnée et de la consultation citoyenne. » Hier encore, François Ruffin, député France insoumise de la Somme, réclamait un « référendum » et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, « un vrai débat ». Sans remettre en cause le déploiement de la 5G, le président de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), Sébastien Soriano, confiait, ce matin à La Tribune, regretter d'avoir sous-estimé les préoccupations sociétales. Il est vrai que le clivage dans la société est manifeste : dans plusieurs pays d'Europe ces derniers mois, des antennes mobiles ont été incendiées, des câbles coupés.  

« Absence d’effets sanitaires spécifiques de la 5G »
Toujours est-il que la communication d’Emmanuel Macron s’accompagne de la publication d’un rapport rassurant sur les effets sanitaires supposés de la 5G. Rédigé par l'inspection générale des finances (IGF), l'inspection générale des affaires sociales (Igas), le conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l'économie (CGE), il conclue « à une absence d’effets sanitaires spécifiques de la 5G en dessous des valeurs limites d’exposition ». En France, dont le rapport note qu’elle accuse un « relatif retard » en matière de déploiement de la 5G, les mesures actuelles de l’exposition sont « largement en-deçà des valeurs limites fixées par la réglementation et leur médiane varie peu au cours des dernières années », précisent les auteurs du rapport, qui appellent néanmoins à poursuivre les recherches.
Ils recommandent notamment de « conforter les moyens d’évaluation et de recherche de l’Anses sur les effets sanitaires des ondes électromagnétiques, notamment sur les bandes de fréquence autour des 26 GHz ». Quant aux « éventuels effets de long terme, cancérogènes ou non, difficiles à mettre en évidence », ils sont « à ce stade, pour l’essentiel, non avérés selon les mêmes agences nationales et internationales ».
Le rapport ne dit pas, en revanche, ce qu’il en est de l’impact de la 5G sur l’environnement, l’autre argument avancé par les opposants à la 5G. « Le déploiement de la 5G va exponentiellement accélérer l'exploitation de ressources naturelles non renouvelables, la pollution due à l'extraction des métaux rares, et la génération de quantité de déchets pas ou peu recyclables. À l'heure actuelle, un très faible nombre de téléphones mobiles en circulation et en vente sont compatibles avec la 5G. Le déploiement de ce réseau mobile va donc impliquer un renouvellement d'une large part du matériel, augmentant encore l'empreinte écologique et le poids des déchets », écrivaient les 70 élus de gauche dans le JDD dimanche. 

Une aggravation des fractures numérique et territoriale ?
L’aggravation supposée des fractures numérique et territoriale inquiète aussi Éric Piolle. Interrogé par France info, le maire EELV de Grenoble estime que « ce sont les centres-villes des plus grandes villes françaises qui vont pouvoir être connectés, aller encore plus vite, pendant que beaucoup de gens chercheront toujours où trouver un médecin à moins d'une heure de chez eux ». « Nous demandons pour les communes le droit à la subsidiarité concernant l'application du principe de précaution. Nous demandons que la priorité soit donnée à la réduction de la fracture numérique, à travers le développement de la fibre en zone rurale et en finalisant le déploiement de la 4G », écrivaient les signatures de la tribune.
Si, pour la 5G, la priorité est donnée aux « zones urbaines et économiques », reconnaît-on au gouvernement, notons que 20 à 25 % des sites en bande 3,4-3,8 GHz devront se situer « en zones peu denses, en ciblant l’activité économique, notamment l’industrie » (lire Maire info du 24 juillet).

Ludovic Galtier

Télécharger le rapport sur l’impact sanitaire de la 5G.

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