Édition du mardi 12 janvier 2016


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Migrants : l'État donne son feu vert au camp de Grande-Synthe

Hier, l’État a finalement dit oui à la délocalisation du camp du Basroch qui regroupe aujourd'hui entre 2500 et 3000 personnes à Grande-Synthe, aux portes de Dunkerque, dans des conditions que tout le monde qualifie d’innommables. Les photos de Médecins sans Frontières (MSF), partenaire de la mairie sur ce projet, en témoignent.
Maintenant que l’État a dit qu'il « ne s’opposerait pas au changement de site, la ville de Grande-Synthe et MSF prendront donc la responsabilité, face à l’urgence sanitaire et climatique, de commencer les préparatifs et les travaux pour accueillir, au plus tôt, la population de réfugiés aujourd’hui présents sur le camp du Barosch », a prévenu dès hier soir la ville dans un communiqué.
Après des mois de pressions sur l’État qui ne voulait pas entendre parler d'un nouveau camp alors que le camp de Calais, à une quarantaine de km de là continue de grossir, le maire, Damien Carême, a donc eu gain de cause. Depuis octobre, il s'était assuré le renfort de l'association humanitaire MSF. Le nouveau camp répondra aux normes humanitaires recommandées par le Haut commissariat aux réfugiés. C'est une condition que le maire a mis en avant très tôt, dès que les conditions sur Grande Synthe se sont dégradées et que le nombre de migrants est passé de 80 (nombre moyen depuis des années) au début de l'été, à plus de 1000 puis 2000 à l'automne, et plus de 2500 aujourd'hui.
Ce camp a, à terme, « vocation à disparaître », a répété hier le maire de Grande-Synthe. L’État et la ville partagent « la volonté de stopper toutes nouvelles implantations sur le site actuel et sur le futur camp ». Les questions de sécurité ou encore la mainmise de passeurs dans la vie actuelle du camp de Grande Synthe ont été au cœur des négociations entre la ville, l’État et l'association humanitaire. Ce fut l'un des points discuté lors de la rencontre entre le maire et le ministre de l'Intérieur, la veille de Noël, à Paris. A l'issue, dans un communiqué commun, ville et ministère communiquaient sur le « partenariat intensifié » entre « les services de l’État et la commune », pour notamment « renforcer les opérations mises en place pour démanteler les réseaux de passeurs, qui exploitent la détresse des migrants à leur profit et doivent être mis hors d'état de nuire ».
MSF construira en 4 semaines un camp de 500 tentes chauffables pour 5 personnes chacune, des blocs sanitaires et un espace où les médecins de l’association, ainsi que ceux de Médecins du Monde pourront consulter. Hasard du calendrier, hier également, ce sont d'autres travaux qui s'achevaient, au camp de Calais : les premiers containers étaient prêts pour mettre à l'abri 1500 des plus de 4000 occupants du bidonville de la « jungle ». L’État avait décidé leur construction il y a quatre mois. Le nouveau camp de Grande-Synthe devrait, lui, ouvrir d'ici 4 à 5 semaines.
Ce matin, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), a annoncé que la France avait enregistré 79 130 demandes d'asile en 2015, en hausse de 22% par rapport à 2014, un afflux toutefois bien moindre qu'en Allemagne qui reste en première ligne dans la crise des réfugiés. Les principaux pays d'origine des candidats à l'asile en France ont été la Syrie, le Soudan et le Kosovo, a précisé l’Ofpra.
E.S.
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