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Édition du lundi 7 décembre 2020
Ecole

Les jeunes enfants d'origine modeste utilisent moins les dispositifs péri et extrascolaires

En 2014-2015, quatre enfants sur dix âgés de 3 ans allaient à l'école uniquement pour la classe, sans manger à la cantine ni aller au centre de loisirs, selon l'Insee. Dans les familles les plus modestes, un quart des enfants n'allait à l'école que le matin et ne profitaient pas des activités périscolaires.

Dans son portrait social de la France publié jeudi dernier, l'Insee montre l’incidence du milieu social et de la situation professionnelle des parents sur la scolarité, la santé ou encore les pratiques culturelles et sportives des enfants. En documentant la fréquentation des activités périscolaires et extrascolaires de ceux entrant en maternelle en 2014-2015 (période où l'instruction des moins de 6 ans était facultative), l'institut constate que les enfants d’origine modeste utilisaient moins que les autres les dispositifs péri et extrascolaires.

Un quart des enfants vont à l’école à temps partiel

Si la quasi-totalité des enfants (99 %) étaient inscrits à l’école maternelle à 3 ans et demi, tous n’en faisaient pas la même expérience puisqu’un quart n’allait en classe qu’une partie du temps, la moitié allait à la cantine et un quart au centre de loisirs quotidiennement (le matin avant la classe, le soir après la classe ou les deux), l’Insee rappelant que « la durée totale d’une journée d’un enfant scolarisé découle des types de combinaisons de ces trois séquences : classe, cantine et centre de loisirs ». 
« Les jours où il y a classe toute la journée, 70 % d’entre eux vont à l’école le matin et l’après-midi et un peu plus d’un enfant sur quatre ne va qu’à une partie des heures de classe : 21 % n’y vont que le matin, 8 % ont un autre rythme, essentiellement composé d’autres formes de présence à temps partiel (deux ou trois matinées ou journées entières par semaine) », observent les auteurs de l’étude qui notent que 26 % des enfants des foyers parmi les 20 % les plus modestes ne vont à l’école que le matin en petite section. Une proportion qui tombe à 15 % dans les familles les plus aisées et à 17 % chez celles qui ont un niveau de vie intermédiaire. 

Moins de cantine et de loisirs pour les enfants d’origine modeste 

Plus globalement, l’organisation de la journée des jeunes enfants varie selon deux grands facteurs : la situation professionnelle des parents et leur niveau de vie. 
Ainsi, 54 % des enfants dont l’un des parents était sans emploi allaient uniquement en classe en 2014-2015, sans passer par la cantine ou le centre de loisirs quotidiennement. Lorsque les deux parents du couple ou le parent du foyer monoparental travaillaient, la proportion tombait à 32 %. Résultat, « la probabilité de ne pas aller à la cantine plutôt que de faire une journée sans interruption méridienne extérieure augmente de 30 % si l’un des parents ne travaille pas », indiquent les auteurs de l’étude qui notent également que, « à l’inverse, en plus de la cantine, les enfants dont tous les parents travaillent ont deux fois plus de chances que ceux dont un parent est sans emploi de rester à l’école après la classe pour le goûter et les activités du centre plutôt que de sortir à la fin des cours pour rentrer à domicile ».
En parallèle, les auteurs de l’étude constate que plus le niveau de vie de la famille est élevé, plus la journée d’école de l’enfant a tendance à être longue. Si les familles modestes mettaient leur enfant en classe sur de plus faibles amplitudes horaires, elles utilisaient aussi moins fréquemment les centres de loisirs et la cantine en 2014-2015. Ces enfants avaient ainsi « 1,9 fois plus de chances que les enfants des familles les plus aisées d’aller à l’école le matin seulement, plutôt que de faire des journées complètes avec cantine ». Du côté des enfants issus de familles de niveau de vie intermédiaire, « la probabilité qu’ils n’aillent ni à la cantine ni au centre de loisirs plutôt que d’aller à la cantine uniquement est supérieure de 30 % à celle des enfants des familles les plus aisées ». 
Au total, « la proportion d’écoliers effectuant systématiquement des journées de classe complètes, avec déjeuner à la cantine et éventuellement centre de loisirs, est de 37 % parmi les 20 % les plus modestes, 46 % dans les familles de niveaux de vie intermédiaires et 60 % parmi les plus aisées », expliquent les auteurs de l’étude, qui estiment que « la participation financière demandée aux parents pourrait constituer un frein pour les plus modestes ».  

Disparités entre zones urbaines et non urbaines

Si l’accès quotidien des enfants à la cantine et au centre de loisirs présentait « peu de disparités territoriales », l’Insee constate tout de même une « exception »  avec les grandes agglomérations. Dans celles-ci, les enfants restaient plus souvent la journée complète à l’école et fréquentaient davantage le centre de loisirs. « Au sein des unités urbaines de 200 000 habitants ou plus hors agglomération parisienne, 15 % des enfants vont à l’école seulement le matin, contre 22 % en dehors des unités urbaines »  tandis que « 18 % des enfants enchaînent cantine et centre le soir, contre 13 % hors unités urbaines », soulignent les auteurs de l’étude. Dans l’agglomération parisienne où ces phénomènes y sont particulièrement accentués, ils étaient même 29 % en 2014-2015. « Seuls 8 % des enfants vont à l’école toute la journée sans aller ni à la cantine, ni au centre, contre 20 % hors unités urbaines. » 
Pour ce qui est des activités extrascolaires, les enfants vivant en dehors des unités urbaines avaient « 20 à 40 % moins de chances »  d’en pratiquer en semaine que ceux habitant dans une unité urbaine. Selon l’Insee, l’apprentissage d’une activité spécifique dans un club ou une association est d’ailleurs « socialement plus inégalitaire, car plutôt lié à des attentes éducatives propres aux parents diplômés », que fréquenter un centre de loisirs le mercredi. Ainsi, « 11 % des enfants de mères n’ayant pas fait d’études supérieures en bénéficient contre 22 % de ceux des plus diplômées, (...) les premiers ayant 40 % de chances en moins d’avoir une telle activité », pointent les auteurs de l’étude. Un effet discriminant du diplôme qui, à l’inverse, n’était « pas très significatif »  sur la fréquentation des centres de loisirs. 
A noter, par ailleurs, que les enfants des parents les plus diplômés et les plus aisés consultaient davantage un pédiatre.

A.W.

Consulter l’étude.

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