Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 7 septembre 2006
Éducation

Le contournement de la carte scolaire, sport national

Créée en 1963 pour assurer une certaine mixité sociale, la carte scolaire a été enrichie mais sans parvenir à remplir tout son rôle puisque son contournement est devenu un sport national pratiqué notamment par les parents d'élèves favorisés, rappelle l’AFP. La carte scolaire, que certains candidats à la présidentielle de 2007 souhaitent supprimer ou assouplir, définit la répartition des élèves, donc des moyens, par établissement scolaire. Les syndicats d'enseignants et de lycéens sont farouchement opposés à toute modification. Très simple dans un village où une seule petite école existe, elle se complique pour un arrondissement parisien avec sa quinzaine d'écoles publiques, ses cinq collèges et autant de lycées. Elle surprend lorsqu'elle scolarise un enfant à un quart d'heure de marche de chez lui, alors qu'il y a une école de l'autre côté de la rue. Le principe de sectorisation, essentiellement géographique, posé par son créateur, Christian Fouchet, alors ministre de l'Education, devait accompagner l'allongement de la scolarité obligatoire en 1959 et la création des collèges. Elle «répond au principe de l'égalité des citoyens devant le service public», selon l'Education nationale, et a été plusieurs fois enrichie. Sa définition s'est élargie en 2001 à des critères sociaux. Depuis 2004 et la loi de décentralisation, elle tient compte «de critères d'équilibre démographique, économique et social, de la localisation des établissements, leur capacité d'accueil, leur secteur de recrutement, et du mode d'hébergement des élèves». Mais, ce n'est un secret pour personne, les politiques en faisant eux-mêmes grand cas, la carte scolaire n'offre pas ou plus la garantie de mixité sociale qui la fondait. Des parents d'élèves, au premier rang desquels les enseignants, rivalisent d'imagination pour y déroger. Quand ils ne se contentent pas d'avoir recours à l'enseignement privé qui accueille un enfant sur cinq. Le contournement concerne surtout les collèges: sept collégiens sur dix sont scolarisés dans leur secteur, deux dans le privé et un hors secteur. Parmi eux, 30% ont des parents enseignants. Le non respect de la sectorisation «dépend en premier lieu de la catégorie socio-professionnelle du chef de famille», assure le ministère. Les parents peuvent effectuer une demande officielle de dérogation, sous réserve que l'établissement convoité ait déjà accueilli tous les élèves de son secteur. «On en reçoit pour 8 à 10% des élèves, avec différents motifs: médical, rapprochement des fratries, proximité géographique, sections internationales, etc.», a détaillé à l'AFP Roger Vrand, inspecteur d'académie chargé du secondaire au rectorat de Paris. Quand cette possibilité est épuisée, la domiciliation hors de la résidence familiale, l'apprentissage du grec ancien ou une option rare sont connus mais impossibles à comptabiliser.c=http://www.updatead.

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