Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du vendredi 22 novembre 2002
Décentralisation

L'impératif d'égalité territoriale" doit imprègner "plus nettement et plus fortement les politiques publiques" estime le 85è congrès de l'AMF

Les travaux du 85è congrès de l'AMF se sont achevés hier soir sur l'adoption d'une résolution générale présentée par le secrétaire général André Laignel, maire d'Issoudun, demandant que l' "impératif d'égalité territoriale" imprègne "plus nettement et plus fortement les politiques publiques". Pour les 6 000 maires et présidents de communautés présents Porte de Versailles, "une décentralisation étendue et améliorée doit non seulement renforcer l'efficacité de l'action publique mais aussi contribuer notamment par une réelle péréquation nationale à réduire ces inégalités." Les élus municipaux et intercommunaux estiment aussi que la "décentralisation doit aussi contribuer à améliorer l'offre d'équipement et de services sur l'ensemble du territoire". De son côté, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi soir à la fin des travaux qu'il ne croyait pas "à un grand soir des collectivités locales" ni à une "nuit du 4 août". Après avoir salué l'organisation décentralisée de pays comme l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume Uni, il a estimé qu'en France, "si la réforme est si difficile, c'est parce qu'elle se confond avec centralisme : tout remonte à un bureau d'un ministère à Paris". Il a une nouvelle fois rappelé les grands axes de la réforme de la décentralisation lancée par le gouvernement, en insistant sur "le mot magique de l'évaluation" des expérimentations. Il a souhaité des changements pour la fonction publique territoriale qui "n'est pas une fonction publique au rabais, ni de seconde zone", et doit comporter "plus de passerelles avec la fonction publique d'Etat". Pour M. Sarkozy, il faut aussi "simplifier" les lois Voynet, Besson et Chevènement, "pas (en) faire table rase mais mettre un peu de clarté dans ces textes qui se sont additionnés sans que les ministres ne se parlent toujours". S'adressant aux quelque 6 000 maires présents, il a essayé de les rassurer en leur lançant : "N'ayez pas peur de ce projet, cela ne peut pas être plus compliqué qu'aujourd'hui, on ne peut pas être plus mauvais qu'on ne l'est" actuellement. Il a une nouvelle fois défendu les redéploiements des forces de l'ordre entre police et gendarmerie, en assurant qu'ils se feraient "au cas par cas". "Les préfets feront leurs propositions, je les étudierai, je ne suis pas tenu par elles, on fera du cousu main". "Evidemment, cela ne pourra pas se faire en trois mois, il faudra sans doute deux ou trois ans pour parvenir à un schéma cohérent".

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