Édition du jeudi 28 juin 2018


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Service national universel : premières réponses, mais encore beaucoup de questions

« Nous créerons un service militaire obligatoire et universel d’un mois ». Cette proposition figurait en toutes lettres dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Un an – et beaucoup de débats – plus tard, il reste deux adjectifs sur trois et une durée : ce sera bien un mois (au moins), ce sera bien « obligatoire et universel », mais ce ne sera pas militaire.
C’est le Premier ministre, Édouard Philippe, qui a présenté le projet gouvernemental en Conseil des ministres hier. Le service national universel (SNU), plutôt que d’assurer une formation militaire minimale comme c’était le cas jusqu’en 1996, aura pour objectif « de favoriser la participation et l’engagement de chaque jeune dans la vie de la Nation, de valoriser la citoyenneté et le sentiment d’appartenance à une communauté rassemblée autour de ses valeurs, de renforcer la cohésion sociale et de dynamiser le creuset républicain ». Avec toujours la volonté de « renforcer la mixité sociale ».
Le SNU sera organisé en « deux phases distinctes » : la première se déroulera à 16 ans et durera « un mois maximum ». Elle sera « l’aboutissement du parcours citoyen débuté à l’école primaire », et comprendra « une occasion de vie collective permettant à chaque jeune de créer des liens nouveaux ». On n’en saura guère plus : « Les différents scénarios et modules de la première phase du SNU, sa durée et les conditions concrètes de leur mise en œuvre doivent être précisés », a déclaré hier le Premier ministre, qui a mandaté un « groupe de travail » pour réfléchir à tout cela.
Le SNU comprendra également une deuxième phase, celle-ci non obligatoire : les jeunes seront « encouragés » à s’engager pour une période « d’au moins trois mois » dans les domaines les plus divers : « Défense et sécurité, accompagnement des personnes, protection du patrimoine ou de l’environnement, tutorat », etc. Cette seconde phase pourra se faire, entre autres, dans le cadre du service civique.
Il devrait maintenant se dérouler une phrase de « concertation ambitieuse », « dans les territoires et de manière numérique ». Cette consultation va associer toutes les parties prenantes, associations, mouvements d’éducation populaires, syndicats, entreprises, et « les collectivités territoriales dont le rôle sera central et dont les compétences justifient la pleine participation à la définition du projet ».
Rôle central pour les collectivités, donc… mais sans que l’on sache encore lequel. Pour la deuxième phase du SNU, les choses semblent assez simples, puisque les collectivités, comme c’est déjà le cas pour le service civique, pourraient être encouragées à engager des jeunes. Restera à discuter des conditions financières : en sera-t-il comme pour le service civique, où l’État règle une l’indemnité de 467 € par mois aux jeunes engagés, et où 106 € restent à la charge de la structure d’accueil ? Et d’ailleurs, y aura-t-il une indemnité pour les jeunes en SNU ? Pas de réponses à ces questions pour l’instant.
Autre question lancinante qui inquiète quelque peu les acteurs de ce débat : comment vont être logés les dizaines ou centaines de milliers de jeunes concernés ? Le rapport du groupe de travail sur lequel le gouvernement s’est appuyé, dans ses annonces d’hier, suggère que la première phase du SNU se fasse en deux temps : une étape de 15 jours « en hébergement collectif », et une deuxième, d’une même durée, mais « majoritairement sans hébergement ». « L’ensemble d’une classe d’âge », pour reprendre les termes du gouvernement, cela représente entre 800 000 et 900 000 personnes. Ce que recommande le rapport, c’est de les appeler « tout au long de l’année scolaire », pendant les vacances, « par fractions de l’ordre de 80 000 jeunes ». Il va donc falloir, quel que soit le « fractionnement » choisi, trouver des dizaines de milliers de places d’hébergements collectifs, dans une période où de très nombreuses casernes ont fermé. Une des solutions proposées par le rapport serait d’utiliser les internats de l’éducation nationale. Sauf que depuis hier, bien des voix s’élèvent du côté de la communauté éducative pour dire que les places y sont bien insuffisantes. Mais le rapport propose également d’autres ressources : « Hébergements liés au système de formation professionnelle, centre de logements étudiants, centres de loisirs avec hébergement » et, éventuellement, construction en « dur léger ». Le rapport souligne clairement que cette question de l’hébergement sera « la difficulté la plus importante à surmonter ».
D’après les projets du gouvernement, le service national universel sera mis en place « dès 2019 ».
F.L.
Télécharger le rapport du groupe de travail.

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