Service civique : un outil cohérent et efficace pour les intercommunalités
Par Lucile Bonnin
Le service civique est une opportunité pour renforcer l’engagement des jeunes au service des politiques publiques locales. C’est notamment ce que pointe une nouvelle étude réalisée par l’Agence du Service Civique et Intercommunalités de France publiée le 20 février.
« À l’heure où les mandats locaux s’apprêtent à être renouvelés » , cette étude d’une quarantaine de pages montre que le service civique, créé en 2010, peut être une opportunité pour les intercommunalités.
« Un pari gagnant pour les jeunes et les territoires »
Depuis 2010, plus de 950 000 jeunes se sont engagés dont 350 000 dans le secteur public (services de l’État, collectivités locales, ou hôpitaux). « Chaque année, environ 4 500 volontaires s’engagent plus spécifiquement dans les collectivités locales » , constatent les auteurs.
La « participation des collectivités territoriales reste marginale » car « seulement 4,8 % des volontaires accueillis le sont dans le cadre d’une collectivité agréée, contre une large majorité dans les associations ». 175 intercommunalités engagées sur l’ensemble du territoire ont accueilli des jeunes dans leurs services ou au sein de leurs communes, et ce, grâce à un agrément direct (90) ou en intermédiation (85) dont 58 % sont des communautés de communes. Au total, 705 jeunes ont été accueillis par les intercommunalités (agréées ou passant par l’intermédiation).
Pour encourager les collectivités à se lancer dans l’aventure du service civique, l’étude pointe un double bénéfice « pour les jeunes et pour les territoires ».
Pour les jeunes, le service civique est « un tremplin vers l’emploi ». « C’est d’autant plus précieux quand les intercommunalités s’engagent car : près de 50 % des volontaires qu’elles accueillent sont demandeurs d’emploi (contre seulement 34,5 % en moyenne). » L’étude montre aussi que « le service civique constitue une occasion privilégiée pour les volontaires de découvrir le fonctionnement des services publics et des collectivités, tout en renforçant leur compréhension et leur rapport au politique ». Ces arguments font écho à la campagne lancée par l’AMF qui appelle les citoyens, et tout particulièrement les jeunes, à s’engager (lire Maire info du 17 septembre). « Il n’y a pas de vitalité démocratique sans vitalité civique, et la commune est le lieu de l’engagement civique », rappelait alors le président de l’AMF David Lisnard.
Le service civique apparaît également comme un outil d’action publique de proximité facilement mobilisable par les intercommunalités : 69 % des intercommunalités estiment que la mission la plus représentative du service civique est l’action d’aller-vers, d’informer ou de sensibiliser les habitants sur le terrain. « Ainsi, les missions proposées permettent de favoriser le lien avec les administrés : valorisation du patrimoine, sensibilisation à la protection de la biodiversité, lutte contre l’isolement des personnes âgées, etc. »
Le service civique peut être aussi un levier « pour dynamiser l’action publique et renouer avec la jeunesse » . D’un côté, les missions de Service civique correspondent aux compétences intercommunales (culture et loisirs (27 %), environnement (27 %), solidarité (23 %) et l’éducation (16,5 %) et de l’autre le service civique peut permettre « d’ajuster les politiques jeunesse et créer des passerelles entre intercommunalité, communes et associations locales ». Certaines intercommunalités se sont dotées d’un service jeunesse par exemple pour renforcer la cohérence territoriale de l’action à destination des jeunes. Ainsi, au moins 41 intercommunalités sur 175 déclarent accueillir des volontaires au sein de leur service jeunesse.
De nombreux témoignages sont à retrouver dans l’étude ainsi que des portraits d’intercommunalités qui se sont déjà lancées dans l’aventure.
Objectif de 135 000 missions en 2026
Si les collectivités locales sont donc fortement encouragées à actionner le levier du service civique pour dynamiser leurs territoires, encore faut-il que le dispositif conserve ses moyens au niveau national.
Rappelons déjà que le retard d’adoption de la loi de finances 2026 a entraîné la suspension des signatures de nouveaux contrats en janvier 2026. Lors de l’examen du texte, le service civique a d’ailleurs connu quelques rebondissements. « Le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait dans sa version initiale d’allouer une enveloppe de 465 millions d'euros à l’agence du service civique (ASC) permettant la réalisation de 110 000 missions, résume la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, Marina Ferrari en réponse à une question écrite. Dans le texte sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité (…) une enveloppe supplémentaire de 30 millions d'euros a été affectée au service civique. Ces moyens s’ajoutent à un premier abondement de 15 millions d'euros fait fin 2025, en application de la loi de fin de gestion. Ces moyens permettent de revenir à l’objectif de 135 000 missions en 2026, et de permettre à 10 % d’une classe d’âge de faire une mission de service civique. »
Le service civique bénéficie finalement en 2026 de 495 millions d’euros permettant de maintenir un objectif de 135 000 missions comme en 2025. Rappelons pour que « l’indemnité prévue pour les volontaires est versée en partie par l’État, à hauteur de 505 euros par mois, tandis que l’organisme d’accueil doit verser un complément de 115 euros, en nature ou en espèces. » Il faut souligner aussi que « les volontaires doivent être encadrés pendant leur mission par un tuteur issu de l’organisme d’accueil » et que si « les associations reçoivent une aide de 100 euros par mois et par jeune pour ce tutorat » ce n’est pas le cas des collectivités territoriales.
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