Édition du jeudi 31 mai 2012


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Selon un rapport de l'Unicef, la France se situe au 14ème rang des 35 pays étudiés, avec 8,8% d'enfants pauvres si l'on considère la «pauvreté relative», mais compte 10,1% d'enfants pauvres selon le «taux de privation»

La France, bon ou mauvais élève en matière de lutte contre la pauvreté des enfants? Telle est la question que pose l’Unicef, après la publication d’un rapport portant sur les «Nouveaux tableaux de classement de la pauvreté des enfants dans les pays riches» (1). Selon ce document, qui combine deux mesure différentes mais complémentaires de la pauvreté, «la France se situe au 14ème rang des 35 pays étudiés, avec 8,8% d’enfants pauvres si l’on considère la "pauvreté relative"», notion qui indique qu’un enfant est «pauvre» s’il vit dans un ménage dont le revenu est inférieur à 50% du revenu médian par ménage. «Ce qui la positionne dans les moins bons élèves des pays les plus riches» souligne l’Unicef avant d’examiner le second indicateur le «taux de privation». Ce taux se réfère à l’accès à des «variables» essentielles, par exemple «le fait de manger des fruits et légumes frais tous les jours, de disposer de livres adaptés à l’âge de l’enfant à la maison ou encore de pouvoir profiter d’un endroit calme avec de l’espace pour faire ses devoirs». Selon cet indicateur, la France compte 10,1% d’enfants pauvres.
L’Unicef souligne aussi que «grâce à ses mesures de protection sociale (réductions d’impôts, allocations, etc.), la France parvient d’ailleurs à réduire le taux brut de pauvreté relative des enfants (19,4%) à un taux net de 8,8%», soit une réduction de moitié. Cependant, relève la présentation du rapport, «certains pays sont nettement plus performants et, avec des dépenses moins importantes, réduisent plus fortement la pauvreté des enfants…»
L’Unicef France relève aussi une ombre à ce tableau favorable à la France: «Ce rapport a dû se baser sur des chiffres de 2009, faute de données plus récentes…». Et observe qu’«entre temps, la crise est passée par là» et s’interroge sur la situation actuelle.
En conclusion, l’association rappelle ses propositions «pour améliorer l’efficacité de notre dépense publique en faveur des enfants». D’une part, «la création d’un Observatoire national de l’enfance et de la jeunesse, qui permettrait de suivre régulièrement et mieux comprendre ce phénomène croissant de pauvreté des moins de 18 ans et d’orienter les politiques publiques pour résorber ce fléau». D’autre part, «la création d’un droit à la compensation de la pauvreté pour les enfants allant au-delà de réductions d’impôts et d’allocations et intégrant tout un ensemble de mesures d’accompagnement des enfants et des familles».

(1) Mesurer la pauvreté des enfants - Nouveaux tableaux de classement de la pauvreté des enfants dans les pays riches, Bilan Innocenti 10, UNICEF.
Pour télécharger le rapport (PDF 1,8 Mo), utiliser le lien ci-dessous.
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