Édition du jeudi 21 mars 2019


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Missions locales : et si l'accompagnement des jeunes allait jusqu'à 29 ans ?

Les missions locales font leur campagne annuelle de promotion, du 14 au 22 mars, pour se faire mieux connaitre des jeunes. Le réseau est solide, en tout cas « tend à l'être » réagit Jean-Patrick Gille, président de l'Union nationale des missions locales (UNML). Il est surtout rassuré que le gouvernement ait renoncé à « ses expérimentations hasardeuses » de fusion avec Pôle emploi, comme le Premier ministre l'envisageait il y a quelques mois. « Nous nous retrouvons dans le discours du président de la République lors du lancement du Plan pauvreté disant qu'il faut un service public de l'insertion territorialisé. Pour les jeunes, cela existe, ce sont les missions locales » assure-t-il.
Le réseau travaille d'ores et déjà sur l'axe jeunesse du plan de lutte contre la pauvreté piloté par Olivier Noblecourt, le délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, et notamment l'objectif de formation obligatoire des moins de 18 ans. Cela se mettra en place à partir de septembre 2019.
Autre piste de travail, l'extension de 25 à 29 ans de la tranche d'âge des jeunes accueillis par les missions locales. « C'est un axe de réflexion que l'on suggère au gouvernement car l'apprentissage va jusqu'à 29 ans et que l'on sent bien que le public des 26/29 ans a besoin d'un accompagnement », justifie l'élu. Ce sujet de réflexion  se retrouvera sûrement au menu des Rencontres nationales du réseau des Missions Locales, programmées les 9 et 10 mai prochains à Montpellier. Tout comme les questions financières. « Le réseau mériterait d'être solidifié sur le plan financier et du modèle économique », défend Jean-Patrick Gille. Mais les conférences des financeurs qui devaient se réunir notamment sous l'égide des régions n'ont de trace que sur le papier.

« Ne pas destabiliser le service civique »
Autre actualité à venir : la mise en place du service national universel. Les missions locales ne seront pas les pilotes mais un opérateur parmi d'autres, comme pour le service civique. « Nous sommes associés à la première phase d'expérimentation (un département par région) sur la base du volontariat des jeunes », commente le président de l'UNML qui espère que la période expérimentale permettra de poser le dispositif sans empiéter sur celui du service civique. « C'est notre point de vigilance, que le service national universel ne destabilise pas le service civique qui a trouvé ses marques et concerne des milliers de jeunes ».
Parmi les « outils » pour accompagner les jeunes vers l'insertion, sociale et professionnelle, les missions locales ont perdu les emplois d'avenir, qui ont disparu de l'éventail des contrats aidés qui pouvaient être proposés aux jeunes éloignés de l'emploi. Ils restent en revanche les prescripteurs de la Garantie jeune. Un outil suffisamment « souple » pour répondre aux besoins de certains jeunes. L'objectif pour 2019 est d'atteindre 100 000 garanties jeunes. Alors qu'en 2019, les missions n'ont « consommé » que 94 000 garanties jeunes sur les 97 000 qui avaient été budgétées. « Les critères administratifs d'entrée dans le dispositif, sous conditions de ressources, sont assez stricts et expliquent ces résultats », indique Jean-Patrick Gille qui estime la « population éligible » entre 110 000 et 120 000 jeunes.
En 2018, le bilan fait aussi apparaître une baisse du nombre de jeunes accompagnés par les missions locales entrés en formation. Un comble alors que le gouvernement en a fait sa priorité. Cela s'explique par le contre coup du plan 500 000 formations dont les missions locales « ont été écartées », explique Jean-Patrick Gille, victimes d'une guerre des opérateurs dans laquelle Pôle emploi a pris l'avantage. Aujourd'hui, avec la mise en place du plan Investissement compétences, la donne semble plus équilibrée puisque la moitié des crédits prévus sont clairement fléchés sur les jeunes.
Le réseau est constitué de 400 missions locales, 6 000 points d’accueil et animé par près de 9 000 conseillers sur les 14 000 salariés au total qui, chaque année, accompagnent près de 1,3 million de jeunes « vers l'emploi et l'autonomie ».
E.S.
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