Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du jeudi 28 avril 2005
Social

Jean-Pierre Raffarin réunit ses ministres pour "faire le point" sur la suppression du jour férié

Jean-Pierre Raffarin devait réunir jeudi matin ses ministres à Matignon pour "faire le point" sur l'application de la mesure de suppression d'un jour férié alors que la contestation monte à quelques jours du lundi de Pentecôte. Les syndicats multiplient en effet les mots d'ordre de grève pour le 16 mai. Objectif avoué : vider cette mesure de sa substance. Les organisations syndicales menacent désormais de transformer cette "journée de solidarité" en nouveau temps fort de mobilisation, sur la question des salaires notamment. La CFTC a par ailleurs déposé un recours mercredi devant le Conseil d'Etat pour faire annuler la loi supprimant un jour férié. Après la canicule de l'été 2003 qui avait fait près de 15 000 morts en trois semaines, le gouvernement avait décidé d'imposer une journée supplémentaire de travail non rémunérée aux salariés - via notamment la suppression du caractère férié du lundi de Pentecôte - pour financer la solidarité avec les personnes âgées et dépendantes. Or, non seulement les syndicats appellent à la grève ce jour-là, mais plusieurs entreprises, dont Shell ou TF1, ont d'ores et déjà renoncé à supprimer le caractère férié du lundi de Pentecôte. La SNCF a notamment choisi cette solution en demandant à ses salariés de travailler une à deux minutes de plus par jour en contrepartie. La plupart des collectivités locales, elles, ont donné pour instruction à leur personnel de venir travailler le lundi de Pentecôte, mais cette consigne ne fait pas l'unanimité. Rennes et Brest, par exemple, feront travailler leurs agents mais ceux-ci pourront prendre une journée de « RTT ». A l’inverse, le conseil régional de Bretagne fermera ses services. Les agents du conseil général du Pas-de-Calais chômeront le lundi de Pentecôte mais les agents choisiront la date de leur journée de travail supplémentaire. En Lorraine et en Rhône-Alpes, les services régionaux resteront ouverts. A Marseille et à Toulon, les services – saufs les écoles et les crèches - seront fermés mais les agents auront une journée de RTT en moins. La loi du 30 juin 2004 instituant une "journée nationale de solidarité" s'était appliquée pour la première fois le lundi de Pâques (28 mars) dans plusieurs départements comme le Gard, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, où des entreprises et des administrations avaient préféré renoncer à une journée du week-end pascal au lieu du lundi de Pentecôte, privilégié par la loi. Ces décisions isolées avaient cependant suscité un fort absentéisme dans les écoles et un faible fonctionnement des services publics. C'est dans ce contexte que le Premier ministre réunit jeudi matin son gouvernement pour "faire le point avec l'ensemble des ministres sur la mise en œuvre de cette journée dans leurs secteurs", selon son entourage. Pas question pour autant de revenir sur cette mesure bien que six Français sur dix y soient opposés, selon un sondage Ifop publié dimanche. "Il faut être clair : il n'y aura pas d'assouplissement en 2005", a averti vendredi la secrétaire d'Etat aux Personnes âgées Catherine Vautrin. Jean-Pierre Raffarin devrait en revanche annoncer le lancement d'une campagne d'information qui démarrerait début mai. De son côté, le ministère du Travail a déjà envoyé aux préfets une circulaire datée du 20 avril destinée à "répondre aux différents cas particuliers qui peuvent se présenter sur le terrain".c=http

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