Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 10 février 2026
Intelligence artificielle

L'intelligence artificielle utilisée aujourd'hui par près d'un Français sur deux, selon le baromètre du numérique

L'édition 2026 du baromètre du numérique fait état d'une explosion massive des usages de l'intelligence artificielle dans la population, notamment chez les plus jeunes. Un nouvel usage qui s'accompagne d'une forte progression de connectivité très haut débit et qui invite à la plus grande vigilance.

Par Lucile Bonnin

Une enquête réalisée par le Crédoc pour l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT a pris cette année un tournant bien différent, marqué par un boom exceptionnel de l'intelligence artificielle générative. Chaque année, cette étude très complète renseigne sur la diffusion des équipements numériques et l’évolution de leurs usages en France.

Rappelons que l'intelligence artificielle dite « générative »  désigne « les systèmes capables de créer des contenus (texte, code informatique, images, musique, audio, vidéos, etc.) » , selon la Cnil. 

Les auteurs de ce nouveau baromètre du numérique n’hésitent pas à parler « d’une adoption fulgurante »  de l’intelligence artificielle générative, accompagnée et – sûrement indirectement encouragée – par une connectivité très haut débit en forte progression et un taux d’équipements qui ne cesse de progresser dans la population. À ce jour, la part des abonnés à internet disposant de la fibre ou du câble atteint 75 % et 91 % des Français disposent d’un smartphone. 

La percée de l’intelligence artificielle générative

« En l’espace de seulement deux ans, l’intelligence artificielle a connu une diffusion d’une ampleur inédite, peut-on lire dans le baromètre. Alors qu’en 2023, un cinquième de la population y avait recours (20 %), ce chiffre atteint déjà près de la moitié en 2025 », soit 48 % de la population. 

Il est intéressant de noter que l’intelligence artificielle a été adoptée plus vite que les autres technologies. En effet, à titre de comparaison, la connexion à internet à domicile « avait eu besoin de cinq ans pour pénétrer les foyers français de manière similaire, le smartphone de trois ans » . L’IA générative, elle, a eu besoin de seulement deux années pour se banaliser, surtout chez les jeunes (85 % des 18-24 ans l’utilisent). 

Les Français qui ont adopté l’IA générative cherchent avant tout à « gagner du temps ». 73 % d’entre eux sont à la recherche d’une information, 58 % d’une traduction et d’une amélioration d’un texte, 57 % veulent trouver de nouvelles idées, 44 % demandent une aide pour les devoirs où l’apprentissage, 42 % s’en servent pour la création de contenus et 41 % se lancent dans des discussions ou interactions avec l’IA.

Parmi l’ensemble des outils d’intelligence artificielle disponibles, ChatGPT est le plus plébiscité par les utilisateurs, suivi de Gemini, Le Chat, Bing Chat ou encore des outils plus spécifiques comme Adobe Photoshop IA. Les Français utilisent aussi davantage l’IA dans un cadre personnel et beaucoup plus rarement au travail. 

Redoubler de vigilance en cybersécurité 

L’enquête montre une autre dimension de l’IA générative : une majorité de Français (52 %) se déclarent méfiants, en règle générale, par rapport à l’IA. Par exemple, 64 % des utilisateurs d’IA vérifient les informations communiquées. 

Le Baromètre montre aussi que l’IA suscite certaines inquiétudes. En effet, 25 % des Français s’inquiète des conséquences de l’intelligence artificielle sur la société (déshumanisation des rapports sociaux, risques pour l’emploi ou la création, consommation d’énergie). « À ces préoccupations s’ajoutent les craintes quant aux données personnelles (16 %) et celles sur la manipulation des données transmises, mentionnée par 15 % des répondants. » 

Si le baromètre ne le souligne pas, il faut rappeler que l’IA générative ne bénéficie pas uniquement aux citoyens bien intentionnés. Lors d’un webinaire organisé par l’AMF la semaine dernière sur les ingérences numériques étrangères, il a été rappelé à de nombreuses reprises que l’intelligence artificielle facilite largement la tâche des cybercriminels. Les attaques sont de plus en plus crédibles mais touchent surtout un plus large spectre de personnes ou de structures, notamment les communes. C’est le principe de « la pêche au chalut ». Les attaques lancées ne ciblent pas particulièrement des entités. Les cyberattaquants « attrapent dans leurs filets »  des collectivités de toute taille mais aussi des hôpitaux, associations, particuliers (lire article Maires de France). 

À quelques semaines des élections municipales, et alors que les cyberattaques sont boostées par l’IA et n’épargnent désormais plus aucun scrutin, les élus sont appelés à sensibiliser leurs équipes sur le sujet, à signaler tout contenu illicite. Dans le cadre d’une suspicion d’ingérence étrangère, les élus peuvent contacter les services de Viginum. Dans le cadre d’une cyberattaque, ils peuvent prendre contact avec le référent élu en gendarmerie/police pour être accompagné. Des signalements peuvent aussi être réalisés sur la plateforme Pharos. 

Consulter le baromètre.

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2