Édition du mercredi 16 avril 2003


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Les élus doivent cesser de faire la politique de l'autruche sur la question des gens du voyage, affirme Martin Malvy, président de l'Association des petites villes de France

Les maires des petites villes de France appellent au "réalisme" et au "dialogue" pour régler le problème de l'implantation des aires d'accueil de gens du voyage, en nombre notoirement insuffisant, disent-ils dans un livre blanc rendu public mardi. "Nous voulons adresser un coup de semonce aux élus afin qu'ils cessent de faire la politique de l'autruche sur cette question", a affirmé à la presse Martin Malvy, président de l'Association des petites villes de France et président du conseil régional de Midi-Pyrénées. Rappelant que les besoins pour éviter les stationnements illégaux de quelque 300 000 nomades ou semi-nomades sont de 30 000 places, M. Malvy estime que 3 000 emplacements satisfont aux normes actuelles. Le problème n'est pas celui du financement, a-t-il souligné. L'Etat subventionne en effet à 70% l'aménagement de ces aires d'accueil et les collectivités prennent en charge le reste, en général sans difficulté. Le manque d'espace approprié n'est pas non plus la cause de la réticence des maires. Le livre blanc invoque en revanche le "manque de volonté politique" et de "concertation avec les riverains et les gens du voyage". "Là où un élu s'intéresse au dossier personnellement, la situation évolue dans le bon sens", a confirmé Jean Blocquaux, inspecteur général aux affaires sociales et président de la Commission nationale consultative des gens du voyage, qui a annoncé par ailleurs qu'il serait remplacé prochainement par "un élu". "C'est parce qu'un conseiller général a porté le dossier dans le Puy-de-Dôme que ce département a été un des premiers à signer un schéma départemental d'accueil", a-t-il dit. Aujourd'hui, ce département a quasiment résolu le problème d'accueil des nomades, a-t-il ajouté, citant comme "bons élèves" les départements du Nord et de l'Ille-et-Vilaine. En Bretagne, notamment, des médiateurs ont été embauchés pour faire le lien entre les pouvoirs publics et les gens du voyage. La petite ville de Breuillet, dans l'Essonne, a été citée en exemple. Des caravanes campaient sur un véritable bidonville depuis une dizaine d'années. Le problème a été pris en main par des élus. Des pavillons ont été attribués aux gens du voyage, avec un terrain leur permettant d'installer une caravane, solution souvent présentée comme la meilleure par de nombreux semi-sédentaires. Ces initiatives restent des exceptions, affirme Jean Blocquaux. La loi Besson du 5 juillet 2000 rendant obligatoire l'aménagement d'aires d'accueil pour les communes de plus de 5 000 habitants dans un délai de dix-huit mois est encore rarement appliquée. La mise en œuvre des schémas départementaux d'accueil, soumise à un délai de deux ans par cette même loi, n'est pas beaucoup plus respectée. Début mars 2003, selon les ministères de l'Intérieur, des Affaires sociales et de l'Équipement (circulaire du 11 mars), seuls 49 schémas départementaux d'accueil étaient approuvés par les préfets et les présidents de conseils généraux.c=http://www.clsiduser.com
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