Édition du lundi 30 juin 2014


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La majoration de la taxe hôtelière fait débat

Les amendements votés la semaine dernière par les députés instaurant la possibilité, pour les communes, de relever le plafond de la taxe hôtelière (lire Maire info du 27 juin), ont provoqué depuis de vifs débats. Ces mesures ne tombent en effet pas très bien pour le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui quelques jours auparavant venait de présenter un vaste plan d’action destiné à doper le tourisme en France. Sans attendre, Laurent Fabius avait immédiatement fait part de sa « forte opposition ». Il est allé plus loin ce week-end en publiant un communiqué jugeant qu’il est « impératif de renoncer » à ces hausses, « dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme ». Laurent Fabius n’hésite pas à évoquer des conséquences apocalyptiques pour le cas où seraient confirmées ces hausses (qui rappelons-le, seraient de 2 euros par nuitée en Ile-de-France et de 8 euros pour les hôtels 4 et 5 étoiles, dont le prix moyen par nuitée, selon une étude du cabinet KPMG, était de 360 euros en 2012). Selon le ministre des Affaires étrangères, ces hausses risqueraient de mettre en danger « l’emploi et l’équilibre du commerce extérieur ».
Naturellement, les professionnels du tourisme – et notamment les grandes chaînes hôtelières – sont sur la même longueur d’onde : ainsi le patron du groupe Accor a-t-il dénoncé samedi des mesures « iniques, insupportables et dangereuses », estimant que « la relation de confiance avec le gouvernement » serait « rompue ». C’est en particulier la hausse de 2 € des nuitées franciliennes qui provoque la colère des professionnels, qui n’hésitent pas à parler de « racket », comme le fait Alliance 46.2, un groupement d’entreprises réunissant entre autres Accor, Aéroports de Paris ou Euro Disney.
On peut néanmoins s’étonner de la réaction des professionnels, dans la mesure où l’augmentation de la taxe hôtelière était une option prévue de longue date par les pouvoirs publics : rappelons que le 6 mars 2013, en rendant ses arbitrages sur le Grand Paris express, le Premier ministre d’alors Jean-Marc Ayrault avait déjà expliqué que le financement de ce réseau de transport serait en partie assuré par « une taxe additionnelle à la taxe de séjour » (lire Maire info du 7 mars 2013), pour un produit de 120 à 150 millions d’euros par an. Il ne s’agit donc pas tout à fait, au moins en Ile-de-France, de la « mauvaise surprise » totalement inattendue dont se plaignent les professionnels.
F.L.
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