Sébastien Lecornu recadre ses ministres sur leurs demandes budgétaires jugées « irréalistes »
Par F.L. (avec AFP)
Dans un courrier adressé à tous les membres du gouvernement – et à quelques médias –, Sébastien Lecornu recadre sévèrement ses ministres sur les dérives budgétaires qui s'annoncent. Cette « lettre de cadrage pour la préparation du projet de loi de finances pour 2027 », agrémentée de doubles points d'exclamations ajoutées à la main par le Premier ministre, dénote un certain agacement face aux demandes des ministres, qui semblent tous déterminés à accepter des coupes budgétaires importantes... dès lors que leur propre ministère voit ses crédits augmentés.
« Demandes irréalistes »
Selon le Premier ministre, les premières réunions de cadrage pour la préparation du budget 2027 font apparaître des demandes qui aboutissent à un total de « 23 milliards de dépenses supplémentaires » et « à la création de plus de 23 000 emplois dès l'an prochain et d'environ 40 000 sur la période 2027-2029 » , alors que la priorité numéro un du chef du gouvernement est la diminution des dépenses de chaque ministère, afin de tenter de contenir le déficit autour des 5 % du PIB. Fustigeant des « demandes irréalistes » et qui « méconnaissent l'urgence du rétablissement des finances publiques », Sébastien Lecornu exige que les ministres « priorisent » leurs demandes, ajoutant que « si tout est prioritaire, rien ne l'est ». « Nous devons être sérieux », assène le Premier ministre, qui exige que les membres du gouvernement « trouvent 30 à 50 milliards d'économies » plutôt que plus de 20 milliards de dépenses en plus.
L'exemple du budget de l'ONF
Mais le chef du gouvernement va devoir arbitrer entre des ministres qui semblent nombreux à penser que leurs revendications sont davantange « prioritaires » que celles de leurs voisins. C'est le cas, pour ne prendre qu'un exemple, de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a déclaré hier à propos de l'ONF (Office national des forêts) être déterminée à se « battre pour avoir un budget qui soit aussi compatible avec ses missions » . « Ca va être une bataille qu'on mènera à l'Assemblée à partir du mois de septembre sur les besoins de l'ONF », a-t-elle ajouté.
Appauvrissement des sols, espèces invasives, alternance d'excès hydrique et de sécheresse: « Tout ça se cumule (... ) et fait que nos forêts ne sont pas en très, très bonne santé », a pointé la ministre, qui a mis en avant les « nouvelles techniques » testées par l'ONF pour adapter la forêt au changement – comme « de nouvelles essences à mettre en place » ou de « nouvelles pratiques de coupe ».
Alors que des discussions sont en cours pour le renouvellement du contrat liant l'État à l'ONF pour la période 2026-2030, les syndicats de l'Office redoutent de nouvelles suppressions de postes. Chargé de gérer les 11 millions d'hectares de forêts publiques françaises, l'office a vu ses effectifs réduits de 12 800 en 2000 à moins de 8 000 en 2022. Il a cependant été davantage préservé ces toutes dernières années, alors même que ses missions augmentaient en matière de lutte contre les incendies et d'adaptation au changement climatique.
Les urgences pointées par la ministre sont bien réelles. Mais ni plus ni moins que toutes celles qui sont mises en avant par d'autres ministres. Les arbitrages, avant même que débutent les débats houleux sur le budget à l'Assemblée nationale, vont manifestement être complexes.
Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2
Risques climatiques : la première carte de l'assurabilité dévoilée
Ce que contient le projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse
À l'international et en France, les communes peuvent agir pour le bien-être des enfants






