Édition du mardi 1 juin 2004


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Oiseaux en ville : les stratégies municipales de lutte contre leur prolifération coûtent de 5 000 à 82 000 euros,selon une étude

Effarouchement par rayons laser ou hauts-parleurs, descente de nids, introduction de prédateurs: les services des parcs et jardins de Nancy font feu de tout bois pour déloger les corbeaux qui prolifèrent dans les parcs publics, rapporte l’AFP. A Nancy, les corbeaux freux, qui vivent en collectivité, ont bruyamment investi les arbres du parc de la Pépinière, le grand espace vert du centre-ville au grand dam des riverains. 150 nids ont été repérés cette année. Les voisins se plaignent de croassements stridents et matinaux, de poubelles crevées, de déjections particulièrement acides et corrosives sur les carrosseries et les bancs publics, explique Patrick Blanchot, conseiller municipal en charge des espaces verts, qui coordonne la lutte contre le corvidé. "Ce n'est pas tellement l'espèce qui est en cause, c'est le nombre. Cela devient insupportable !", affirme-t-il. "Ce qu'on leur reproche en fait, c'est de s'exprimer!", rétorque Patrick Genin, de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) à Nancy qui souligne "l'intelligence de cet animal au code d'échanges sonores si intéressant". Plusieurs facteurs expliquent le repli des corbeaux vers les villes. "Ils ont un problème de logement. L'effet tempête de 1999 qui a détruit les bosquets de grands arbres où ils nichent et l'abattage des arbres d'alignement de bords de route, notamment de peupliers, forcent leur rapatriement dans les cités", affirme M. Genin. Nancy n'est pas un cas isolé. Dans une récente enquête de l'Association des maires des grandes villes de France, obtenue par l'AFP, 89% des 36 grandes villes qui ont répondu au questionnaire se plaignent de nuisances causées par des oiseaux autres que les pigeons dont 34% par les corbeaux. Les stratégies municipales de lutte contre leur prolifération ont coûté de 5 000 à 82 000 euros, selon cette étude. A Nancy, "on utilise des solutions douces pour faire face à ce problème écologique public", affirme Patrick Blanchot. "En 2002, on les embêtait la nuit avec un rayon laser pour les déloger", raconte Pierre Didierjean, responsable des parcs et jardins de la ville. En 2003, "on a fait venir une société d'élagage, avec nacelle et perches pour faire tomber une centaine de nids qu'ils reconstruisaient d'ailleurs aussitôt", poursuit-il. Cela n'est possible jusqu'à la mi-mars, la loi interdisant ensuite de détruire des nids occupés par des oeufs. En 2004, "on a diffusé des enregistrements de cris de corbeaux stressés pour les affoler". Toutes ces attaques ont bien marché, jusqu'à ce que l'oiseau malin ne s'habitue. De guerre lasse, la campagne 2005 conjuguera l'effarouchement par laser le matin, la cassette du corbeau apeuré le soir, le démontage des nids du 15 janvier au 15 mars et peut-être l'introduction d'un prédateur, le faucon pèlerin, affirment les services des parcs et jardins. Un couple de faucons-pèlerins niché dans le clocher d'une église de la périphérie de Nancy a en effet montré un effet dissuasif sur les corbeaux, absents du parc voisin. En accord avec la LPO, la ville de Nancy est donc à la recherche de clochers tranquilles où l'on pourrait installer des nichoirs pour les faucons.<
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