Édition du Jeudi 21 décembre 2017


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Y-a-t-il trop d'emplois publics en France ?

Notre pays passe volontiers pour le champion toutes catégories en matière d’emploi public. Mais qu’en est-il réellement ? C’est ce qu’a voulu savoir France Stratégie, l’organisme de réflexion rattaché à Matignon, en mettant à jour un tableau de bord de l'emploi public datant de 2010 et mené une étude comparative sur 19 pays avec les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Office européen de statistiques Eurostat.
Selon les résultats publiés hier, si la France figure bien parmi les pays où la proportion de l’emploi public dans la population, comme dans l’emploi total, est élevée, c'est cependant « sans excès ». « Son taux d’administration de 89 emplois publics pour 1 000 habitants la place dans la moyenne haute, devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais bien en deçà des pays scandinaves », constate France Stratégie.
Avec 89 emplois publics pour 1 000 habitants en 2015, la France se situe « dans la moyenne haute » (6ème) des pays développés étudiés, à un niveau supérieur à l'Allemagne (55,7 pour 1 000), mais aussi à la Belgique (75 pour 1 000) ou au Royaume-Uni (80 pour 1 000), selon France Stratégie. Elle se situe derrière la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande et le Canada.
Mais ce « taux d'administration » n'est qu'un indicateur partiel, souligne l'organisme, car « une partie des emplois manquent à l'appel », ceux qui sont « privés mais financés par l'impôt », directement ou non. Pour les intégrer, France Stratégie a comparé l'ensemble des dépenses publiques de fonctionnement des pays étudiés, y compris l'achat de « prestations privées et les transferts en nature » (remboursement de soins médicaux de ville, médicaments...).
Et dans ce cas, l'écart se resserre entre les pays. En France, qui reste à la 6e place, ces dépenses directes et indirectes de fonctionnement représentent 24 % du produit intérieur brut (PIB), en 2015, contre 20,48 % du PIB en Allemagne, 20,37 % au Royaume-Uni et 24,53 % en Belgique. Une « relative modération », note l'organisme, qui s'explique notamment par un moindre recours à la sous-traitance de la part des administrations en France (5 % du PIB, contre près de 9 % au Royaume-Uni).
Par secteur, l'éducation est le premier poste de dépenses publiques dans la plupart des pays. A défaut, ce sont la santé ou la protection sociale. En France, l'emploi total (public et privé, enseignants et non enseignants) dans l'éducation se situe « dans la moyenne basse », à 13 % (13 emplois pour 100 élèves/étudiants), contre 9 % au Japon et 20 % aux États-Unis. Le nombre d'enseignants est aussi « relativement faible en équivalent temps plein » avec 6 enseignants pour 100 élèves/étudiants (contre 9 en Norvège et au Luxembourg), selon le rapport. C'est le cas en particulier dans le primaire (5 enseignants pour 100 élèves) et le supérieur (4,5).
Au final, en termes de dépenses publiques, la France « se singularise davantage par l'importance » de ses prestations sociales « en espèces » (pensions de retraite, indemnités journalières, allocations familiales...), qui atteignent 20% du PIB, contre 15% en Allemagne, selon France Stratégie.

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