Édition du Vendredi 8 septembre 2017


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Ouragan Irma : la solidarité s'organise

Alors que l’ouragan Irma a quitté les petites Antilles hier et continue de semer la désolation sur son chemin, en direction de la Floride, l’aide matérielle et financière aux territoires dévastés commence à prendre forme.
Sur place, les témoignages se multiplient, et tous font état de la même situation, avec les mêmes mots : « Dévastation », « apocalypse », des îles « rasées ». Toutes les infrastructures essentielles – routes, réseaux de communication, établissements de soin, production d’énergie et d’eau potable, etc. – sont détruites. EDF a annoncé hier que la production d’électricité à Saint-Martin et Saint-Barthélemy ne reviendrait à la normale que dans « plusieurs semaines, voire plusieurs mois ». Un témoignage, ce matin, concernant l’hôpital de Saint-Martin fait état d’une capacité passée d’une centaine de lits à « une dizaine », « sans informatique, sans électricité, sans possibilité de radiologie ». Selon la collectivité de Saint-Martin, « 60 % des habitations sont inhabitables ».
Seul élément rassurant : le bilan humain a été légèrement – mais provisoirement – revu à la baisse hier par le Premier ministre. Alors que le chiffre de huit ou neuf morts avait été avancé, Édouard Philippe a parlé hier, lors d’un point presse consacré à cette catastrophe, de quatre personnes décédées à Saint-Martin et « aucune » à Saint-Barthélemy – pour l’instant. Sur l’ensemble des îles touchées par l’ouragan, le bilan officiel est de 12 morts.
Autre bonne nouvelle : l’aéroport de Saint-Martin est de nouveau en mesure d’accueillir des avions, et un premier vol militaire a pu se poser hier avec de premiers secours. Le Premier ministre a détaillé les moyens mis en œuvre : « Sont en train d'arriver sur les îles depuis la Guadeloupe 400 gendarmes et 400 sapeurs-pompiers militaires de la sécurité civile, des bénévoles de la Croix Rouge et une vingtaine de personnels de santé qui sont à pied d'œuvre. Depuis l'Hexagone, est en train d'être constituée une colonne de renfort de sapeurs-pompiers, un escadron de gendarmerie mobile et des techniciens chargés de l'identification des victimes qui vont incessamment se rendre sur les lieux. »
L’urgence principale, outre la recherche et le secours médical aux victimes, est de fournir à manger et à boire aux habitants : il n’y a plus d’eau potable sur les îles, et les habitants qui avaient pu faire des réserves n’en ont que pour deux ou trois jours.
Au-delà, il va falloir reconstruire les réseaux, les infrastructures et les habitations. Le Premier ministre a indiqué hier que la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle serait signée dès aujourd’hui.
La solidarité financière a commencé à s’organiser hier. L’AMF (lire Maire info d’hier) a immédiatement appelé les communes et les intercommunalités non seulement à contribuer elles-mêmes, mais à relayer localement les appels aux dons. Elle a également demandé que soit créé de façon urgente « un fonds de soutien spécifique » pour aider à la reconstruction et invité les communes et intercommunalité « à y contribuer ». Plusieurs communes ont déjà répondu à l’appel, comme la commune de Gouesnou, dans le Finistère, dont le maire va demander au conseil municipal de voter une aide de quelque 6 000 euros, et qui a installé une « urne » dans le hall de la mairie pour permettre aux habitants de donner. Ou encore celui de Bry-sur-Marne (94), ville jumelée à Saint-Martin, a annoncé hier que sa commune « va voter au conseil municipal une somme d'aide d'urgence de la part de la municipalité et une deuxième somme en réserve pour financer des voyages et aller aider à la reconstruction des maisons ».
À l’échelle départementale, certains présidents d’associations de maires ont également relayé l’appel. Le maire de Cisteron, Daniel Spagnou, a par exemple lancé via twitter un appel à la solidarité des maires du département des Alpes-de-Haute-Provence.
L’Assemblée des départements de France (AdF) a également exprimé sa « solidarité » avec les habitants des îles frappées, a « encouragé les départements à se mobiliser » et salué la mobilisation de « nombreux départements qui ont voté des aides d’urgence ». L’Anel (Association nationale des élus du littoral) a publié un communiqué pour exprimer « son émotion et son soutien », ajoutant que l’Anel « consciente des risques majeurs auxquels sont exposées les zones côtières, et notamment en outre-mer, travaille depuis des années avec des scientifiques et les services de l’État, pour sensibiliser les populations littorales aux risques naturels venus de la terre et de la mer ».
Enfin, les habitants des Antilles suivent avec inquiétude la trajectoire d’un second ouragan, baptisé José, qui suit la même trajectoire qu’Irma. Bien que défini comme « sans commune mesure avec Irma » par Météo France, José risque d’occasionner de nouvelles pluies diluviennes et pourrait toucher, lui aussi, les îles déjà meurtries des petites Antilles.
F.L.

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