Édition du vendredi 12 juillet 2019


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Zéro chômeur : manifeste pour une seconde loi

Les rencontres nationales des Territoires Zéro Chômeur se sont terminées à Mauléon (Deux-Sèvres), hier, par la remise d'un manifeste au président du Fonds d'expérimentation contre le chômage de longue durée, Louis Gallois. « Nous appelons tous à une deuxième loi pour prolonger et étendre le projet », dit notamment ce manifeste, écrit par les salariés des dix entreprises à but d'emploi des territoires expérimentateurs. « Nous savons que nous avons ouvert une brèche dans le mur du chômage, ce dont nous avons envie maintenant, c'est de l'agrandir », a réagi Louis Gallois, avant de lui-même retransmettre ce manifeste à l'association Territoires Zéro Chômeur, présidée par l'ancien député Laurent Grandguillaume qui avait porté la première loi. Lui confiant à son tour la tâche de militer pour que cette loi soit adoptée d'ici à la fin de 2019.

200 territoires candidats
Près de 200 territoires seraient candidats. Tous ne sont sans doute pas près pour entrer dans la démarche. Mais « la dynamique » est visiblement là. « C'est bien une démarche et non un dispositif », ont insisté les participants de ces deuxièmes Rencontres nationales, réunis du 9 au 11 juillet, pour échanger sur leurs expériences et confronter leurs pratiques et les premières évaluations.
Un premier bilan intermédiaire avait été dressé en octobre 2018. Un autre bilan va prochainement être rendu public. Les grandes tendances ont été dévoilées hier. Elles confirment que la démarche porte ses fruits. 838 personnes ont été ou sont salariées des dix entreprises à but d'emploi sur les dix territoires expérimentateurs. En moyenne, ils étaient privés d'emploi « depuis plus de 53 mois ». L'âge moyen est de 44 ans. La grande majorité a un niveau de formation inférieur ou égal au CAP/BEP.
Les protagonistes savent que rien n'est acquis. Qu'il y a des « défis encore à relever ». Notamment la question de la formation des salariés et de son financement. Autre « sujet important », l'organisation et le management des entreprises à but d'emploi (EBE) qui salarient (en CDI) les anciens chômeurs. Celles ci sont passées très vite de 0 à 80/100 salariés. Ce qui rend leur gestion très compliquée. La répartition des rôles entre ces EBE et les comités locaux, chargés de sélectionner les activités développées par les EBE et valider les recrutements, doit être redéfinie, pour que chacun joue bien son rôle. Le modèle économique enfin reste à équilibrer. A l'heure actuelle, le coût complet d'un salarié est estimé à 27 000 euros. Les subventions atteignent 20 000. Cela oblige les EBE à dégager un chiffre d'affaires de 7 000 euros par salarié. C'est encore loin d'être le cas. « Mais nous y tendons », observe Marc Pottier, le maire de Colombelles (Calvados).

« Personne n'est inemployable »
Colombelles est l'un des dix territoires expérimentateurs et devrait accueillir, en 2020, les 3e Rencontres nationales. « Cette expérience est d'une richesse surprenante, économique, humaine et sociale », confie-t-il à Maire info. « Nous avons recréé un corps social. En mettant autour de la table les personnes, les élus, les acteurs économiques, on a réussi ce qui semblait impossible et démontré que personne n'est inemployable, et que le travail ne manque pas. Qu'il y a aussi des boulots utiles pour la société et qui la font changer », énumère le maire. Sept hectares de permaculture, une ressourcerie, un taxi solidaire, un musée numérique font partie des activités créées par l'EBE.
Sur cette commune de 7000 habitants, le chômage a diminué de 22 à 15,6 %. 70 anciens chômeurs de longue durée ont été salariés par l'EBE. 60 autres ont retrouvé un travail « grâce à la dynamique » créée autour de cette expérimentation. Ce sont ces anciens chômeurs qui sont aujourd'hui « très impliqués » dans la vie sociale de la commune. « Je commence à mesurer aussi les effets positifs sur le budget de la commune », explique l'élu. « Car il y a moins de demandes d'aides en bons alimentaires. Les personnes sortent des tarifs les plus bas de la cantine. Cela se ressent aussi donc sur les recettes de la commune ». Pour l'élu, c'est une « nouvelle dynamique territoriale » qui anime aujourd'hui sa commune.
Emmanuelle Stroesser
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