Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 15 février 2019
Élus locaux

Emmanuel Macron rencontre les maires ruraux dans l'Indre

Après avoir rencontré la semaine dernière les maires des chefs-lieux de cantons en Saône-et-Loire (lire Maire info du 8 février), le président de la République a poursuivi son « tour de France des maires »  hier dans l’Indre avec un débat autour de maires ruraux. La rencontre a eu lieu à Gargilesse-Dampierre, commune que dirige le président de l’AMRF, Vanik Berberian. Pas d’annonce nouvelle de la part du chef de l’État – si ce n’est la confirmation d’une volonté de « revoir »  certains aspects de la loi Notre – mais une passe d’armes houleuse avec le premier vice-président délégué de l’AMF, André Laignel, lors de laquelle le chef de l’État a affirmé une contre-vérité.

« Corriger »  la loi Notre
Emmanuel Macron a répété hier qu’il n’entendait pas « détricoter »  la loi Notre, mais qu’il était conscient que certaines choses « ne passaient pas » : « Je pense que quand on force des réorganisations, ça ne fonctionne pas. Je souhaite, dans le dialogue que l’on a avec les associations d’élus, pouvoir corriger les effets pervers (de la loi Notre), en particulier ces trop grandes intercommunalités. Mais je ne voudrais pas que l’on construise une autre pensée dominante qui serait que l’intercommunalité c’est forcément mal. Ce qui est bon, c’est qu’elle soit choisie. » 
Plusieurs sujets concrets ont été évoqués par les maires présents à cette réunion, dont la diminution de la desserte ferroviaire dans les territoires les plus enclavés – le président a au moins donné une satisfaction aux élus en assurant que la desserte d’Argenton-sur-Creuse ne serait pas supprimée – ou encore la désertification médicale. Sur ce dernier sujet, en revanche, Emmanuel Macron a douché les derniers espoirs des défenseurs de la maternité du Blanc, qui se mobilisent depuis sept ans maintenant contre la fermeture annoncée. Fin de non-recevoir du chef de l’État : « Ce ne serait pas responsable de ma part de vous dire qu’elle va rouvrir. » 

Oui, Emmanuel Macron a bien accusé les maires de « clientélisme » 
La réunion a aussi été marquée par un échange houleux entre André Laignel et le président de la République. On se rappelle que le n°2 de l’AMF a été régulièrement mis en cause par Emmanuel Macron ces derniers temps – ce dernier accusant le président du CFL d’être rien moins que « responsable »  du caractère illisible de la DGF. André Laignel n’a pas cherché, lors de la réunion, à répondre à ces coups de griffe, mais est intervenu au nom de tous les maires, rappelant que les membres du gouvernement, voire le président lui-même, avaient ces derniers mois qualifiés les maires de « trop nombreux, incompétents, clientélistes ». « Je n’ai jamais dit cela », l’a coupé Emmanuel Macron, ce à quoi le maire d’Issoudun a répondu qu’il lui enverrait les références.
À plusieurs reprises, en effet, le président de la République a bien employé les termes de « clientélisme »  ou « clientéliste »  en parlant des maires. Cela a par exemple été le cas en évoquant les contrats aidés, en août 2017 (les contrats aidés sont « essentiellement une politique conjoncturelle, quand elle n’est pas clientéliste » ) ; ou encore lors du discours sur la politique de la ville, le 22 mai 2018, où il évoquait « certains élus enlisés dans de mauvaises politiques ou du clientélisme ». Dans son édition du 24 mai 2018, Maire info rapportait les propos de la maire de Bondy, Sylvine Thomassin, après ce discours, lors duquel, « écœurée », elle avait quitté la salle « quand le président a prononcé pour la troisième fois le mot clientélisme en parlant des élus locaux ».
Lors de la réunion d’hier, André Laignel a également évoqué les « 19 500 communes »  qui vont voir diminuer leur dotation forfaitaire en 2019 (lire Maire info du 13 février). Affirmation qu’Emmanuel Macron a là encore partiellement récusée, accusant le maire d’Issoudun de ne dire « que la moitié de la vérité ». Il est difficile de savoir ce que le chef de l’État a voulu dire, dans la mesure où ce chiffre n’émane pas des associations d’élus mais de représentants de l’État au Comité des finances locales.
F.L.


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