Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 19 septembre 2022
Budget de l'tat

Elisabeth Borne promet aux régions de donner de « la lisibilité sur leurs moyens »

Après un quinquennat marqué par des tensions entre l'exécutif et les élus locaux, Elisabeth Borne s'est efforcée vendredi de donner un nouveau ton à ses relations avec les territoires en leur promettant de « bâtir ensemble » avant l'épreuve de vérité du budget.

Par AFP

« Nous ne sommes pas forcément d’accord sur tout. Mais je suis convaincue que nous avons en commun une volonté d’agir » , a affirmé la Première ministre devant le congrès de Régions de France, lors de sa première intervention depuis son arrivée à Matignon devant les principales associations d'élus.

« Nous devons donc bâtir ensemble (...). Notre dialogue ne fait que commencer. Il doit être riche, constant et transparent » , a ajouté la cheffe du gouvernement, sans apporter toutefois les « réponses concrètes »  attendues par les régions notamment sur le maintien de leurs dotations et le secteur ferroviaire. Mais elle a promis aux élus de « la lisibilité sur leurs moyens »  et assuré que « le pacte financier pluriannuel que nous construisons garantira le panier de ressources des régions ».

Avant Elisabeth Borne, Carole Delga, présidente de Régions de France, a dit l'accueillir « la main tendue »  pour une « nouvelle ère de la décentralisation » . Après le discours, la présidente d'Occitanie a estimé que la cheffe du gouvernement avait « posé un cadre » 

« Je ne dis pas que nous avons obtenu ce que nous voulions, mais avant de prononcer un jugement définitif nous nous donnons encore quelques semaines de travail » , a-t-elle déclaré à la presse, en allusion aux discussions que les élus entament actuellement avec Bercy sur le budget 2023.

« Pas sous tutelle » 

« Si dans le projet de loi de finances, nos demandes n'y sont pas, en effet, il y aura un désaccord majeur » , a-t-elle prévenu, après avoir estimé à un milliard d'euros l'impact de l'inflation pour les régions l'an prochain et demandé une compensation complète. « Nous sommes de bons gestionnaires, mais nous ne sommes pas sous tutelle » , a-t-elle prévenu, rappelant que les régions, qui demandent notamment d'être bénéficiaires du versement mobilité (perçu aujourd'hui par les intercommunalités), n'étaient pas dans le rouge contrairement à l'État.

Si Laurent Wauquiez, président d'Auvergne-Rhône-Alpes qui accueillait le congrès, s'est montré nettement plus virulent face à d'éventuelles mesures d'économie exigées aux régions (« Est-ce que l'objectif est de faire nos poches pour combler les trous faits par l'État? » , a-t-il attaqué, estimant qu'il n'y avait « rien, que des mots sympathiques »  dans le discours de la Première ministre), Renaud Muselier, président délégué de Régions de France, qui a estimé que le gouvernement « tendait la main comme jamais » , et avec celui des autres présidents de région qui, selon une source de l'association d'élus « à la volonté de ne pas cogner dès maintenant sur Mme Borne qui vient d'arriver à Matignon et avec qui il faudra travailler » .  

Les élus locaux ont d'ailleurs salué ce début de quinquennat qualifié par Carole Delga de « plus engageant que le précédent » . « Nous avons renoué un vrai dialogue. J'ai l'impression que les choses avancent » , s'est félicité de son côté, François Sauvadet, président des départements de France, qui attend aussi la présentation du budget pour en avoir la confirmation. 

« On ne peut pas se permettre de revivre un quinquennat comme le précédent » , a expliqué à l'AFP un membre de Régions de France, qui espère qu'un dialogue fluide va s'instaurer entre les collectivités et l'exécutif. 

Elisabeth Borne a reçu l'association Régions de France à Matignon dès juillet et les autres à la rentrée. Le président de la République s'est quant à lui entretenu à l'Élysée avec les trois principales associations d'élus, pour la première fois depuis 2017. 

Elisabeth Borne n'a pas répondu pour autant aux nombreux appels à la décentralisation lancés par les élus. « Ne décidez plus d'en haut, reconstruisez la France à partir des territoires » , a lancé Laurent Wauquiez. « Si vous prenez cette décision de faire respirer notre démocratie, vous nous trouverez à vos côtés ».

Le président du Sénat Gérard Larcher a, dans le même temps, annoncé vendredi l'installation d'un groupe de travail sur la décentralisation, afin de répondre au besoin « d'équilibre entre le pouvoir central et les collectivités locales ».
 

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