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Édition du lundi 16 septembre 2019
Socit

De moins en moins de mères de moins de 20 ans en France

Le phénomène des « mères précoces »  est en très net recul en France, et a atteint en 2018 un plus bas historique : seulement 1,5 % des bébés nés en France cette année-là avaient une mère de moins de 20 ans, révèle une étude de l’Insee parue vendredi. 
C’est en 1975 que le décrochage c’est nettement amorcé : en 1973, ces maternités précoces étaient au nombre de 60 000, et représentaient 7 % du total des naissances ; en 2018, elles ne sont plus que 12 000. C’est notamment la loi Veil de 1975 et la légalisation de l’avortement qui est à l’origine de cette diminution régulière. 

Disparités régionales
« De nos jours, écrivent les experts de l’Insee, l’arrivée du premier enfant est en général désirée et programmée, elle a souvent lieu après la fin des études de la mère et quand le couple est installé, situation survenant de plus en plus tard. »  Outre le rôle de l’information et de l’éducation sexuelle, la généralisation de la contraception et la légalisation de l’IVG, ce sont aussi des évolutions économiques et sociales qui ont accéléré le phénomène – progression des études supérieures, généralisation du travail des femmes. 
Le nombre de mères précoces reste toutefois assez variable à l’échelle du territoire, et toujours lié à la situation socio-économique. Les territoires comptant le plus de précarité sont aussi ceux où les grossesses précoces sont les moins rares. Dans l'outre-mer, notamment : le taux de mères de moins de 20 ans atteint 10,2 % en Guyane et 9,9 % à Mayotte, 5,7 % à La Réunion et plus de 3 % au Antilles. 
Mais le phénomène touche aussi la métropole, où les taux de maternités précoces sont nettement plus élevés dans les départements des Hauts-de-France, par exemple (plus de 2 %) que dans les départements plus riches des Hauts-de-Seine (0,4 %) ou de Paris (0,5 %). 
L’Insee a également étudié les taux de maternités précoces dans les milieux issus de l’immigration. Contrairement à certains préjugés tenaces, les jeunes femmes venues du Maghreb ne sont que très rarement « mères précoces »  (0,2 % des mères d’origine algérienne ou tunisienne, par exemple). Ce sont, parmi les femmes d’origine immigrée, celles venues de Roumanie qui sont le plus fréquemment mères avant 20 ans (9,2 %). 

Les mêmes disparités en Europe
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, des disparités du même ordre se retrouvent à l’échelle de toute l’Europe, avec des taux de maternités précoces dépassant les 8 % en Roumanie et en Bulgarie, et très inférieur à 1 % en Suède, au Luxembourg ou au Danemark. Dans les pays de l’ouest de l’Europe, seule la Grande-Bretagne dépasse les 2 % de « grossesses adolescentes », où elles sont, note l’Insee, quasi-exclusivement constatées dans les milieux défavorisés. En cause : « De premiers rapports sexuels non protégés, peu d’interruptions volontaires de grossesse, un manque d’information sur la contraception ». Dans les milieux particulièrement frappés par le chômage et l’échec scolaire, il arrive aussi « que ces grossesses soient volontaires, certaines jeunes filles voyant dans la maternité un statut social valorisant ».


F.L.

Télécharger l’étude de l’Insee.

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