Édition du mardi 10 décembre 2002
Les maires d'Île-de-France demandent une "vraie réforme de la fiscalité locale" et revendiquent "une plus grande autonomie financière"
L'Association des maires d'Île-de-France (AMIF), qui regroupe plus de 80% des 1 280 maires de la région, a fait part lundi de ses attentes et de ses inquiétudes face à la deuxième étape de la décentralisation préparée par le gouvernement.
Pour préparer les Assises des libertés locales qui se dérouleront en région Île-de-France le 24 janvier à Marly (Yvelines), l'AMIF a interrogé ses membres : 168 d'entre eux ont répondu.
Selon Claude Pernès, président de l'AMIF et maire de Rosny-sous-Bois (UMP), "les maires de la région parisienne aimeraient être davantage associés à la réforme de la décentralisation ; ils ne souhaitent aucune compétence nouvelle particulière. En revanche, ils demandent une vraie réforme de la fiscalité locale et revendiquent notamment une plus grande autonomie financière."
Les réponses au questionnaire envoyé par l'AMIF font apparaître une vraie réticence vis-à-vis de la notion de "chef de file" introduite par la loi de révision constitutionnelle qui revient devant le Sénat mercredi. Les maires y voient la menace d'un "lien de vassalité", d'une "tutelle de fait" et pensent que cela peut avoir des "effets pervers sur l'autonomie locale".
En matière financière, les édiles se montrent convaincus que "les nouvelles responsabilités vont nécessairement entraîner des hausses d'impôts ou une augmentation du coût des services publics" et considèrent qu'au-delà des "compensations" que devra assurer l'Etat s'il y a transfert des compétences les mairies devront trouver "des ressources nouvelles" pour assurer leur financement.
Les maires de l'Île-de-France sont plutôt favorables au maintien du statut actuel de leur région mais majoritairement hostiles à l'élection au suffrage universel direct des conseillers intercommunaux.
Enfin, ils sont divisés sur les méthodes à employer pour assurer des mécanismes correctifs entre collectivités riches et pauvres. Certains pensent que l'Etat doit assurer cette péréquation "pour des raisons de neutralité politique" tandis que d'autres préfèrent une péréquation dans le cadre régional ou départemental, qu'ils estiment plus efficace puisque plus proche du terrain.
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