Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du vendredi 25 avril 2003
Décentralisation

Education : "l'Etat assurera une péréquation, qui permettra de corriger les inégalités de ressources entre les collectivités territoriales", affirme Luc Ferry dans un mél aux enseignants

Luc Ferry a envoyé jeudi un mél à tous les personnels de l'Education nationale, intitulé "la décentralisation: une chance pour le service public d'éducation nationale", pour tenter de désamorcer la contestation, qui semble prendre de l'ampleur malgré les vacances scolaires. Dans cette "lettre flash", accessible sur le site du ministère de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche, M. Ferry cherche à "rétablir la vérité et tordre le coup aux rumeurs et à la désinformation" sur le sujet, véhiculées selon lui par les tracts syndicaux. Malgré les efforts de communication du ministre, qui multiplie les interviews à la presse, les grèves qui s'étaient calmées dans la plupart des académies en raison des vacances scolaires, sont reparties cette semaine dans les trois académies d'Ile-de-France (Paris, Versailles, Créteil), à la rentrée des congés. Une manifestation a réuni jeudi à Paris entre 700 et 1 500 personnes, une autre est prévue pour mardi prochain, avant la grève générale du 6 mai. Dans son message, M. Ferry fait le point sur les personnels qui doivent être transférés aux collectivités locales: 1 350 médecins scolaires, 2 700 assistants sociaux, 4 800 conseillers d'orientation, et 91 000 techniciens, ouvriers et agents d'accueil. En outre, pour la première fois, il confirme une crainte des syndicats en reconnaissant que les "personnels administratifs qui gèrent les personnels transférés dans les rectorats" seront eux aussi appelés à quitter le statut de la Fonction publique d'Etat pour rejoindre la "territoriale". "L'Education nationale est nationale et le restera", affirme néanmoins M. Ferry, en réfutant l'idée selon laquelle le transfert des personnels illustre le début de la fin pour le service public d'éducation. "C'est un prolongement logique de la décentralisation intervenue au début des années 1980", dit-il. Il réfute aussi l'idée d'accroissement des inégalités entre régions induite par la décentralisation: "la décentralisation et la déconcentration opérées au cours des vingt dernières années ont permis de réduire les écarts de performance entre les académies", affirme le ministre en soulignant que "l'Etat assurera une péréquation, qui permettra de corriger les inégalités de ressources entre les collectivités territoriales". La "lettre flash" s'adresse ensuite individuellement aux catégories concernées. Aux assistantes sociales, Luc Ferry promet qu'elles "continueront d'appartenir pleinement à la collectivité éducative, comme l'affirme l'article L913-1 du code de l'éducation qu'il n'a jamais été question d'abroger". Aux médecins scolaires, il garantit que leurs "missions" seront "inscrites dans la loi". Et aux conseillers d'orientation psychologues qu'ils "continueront de travailler en étroite liaison avec les équipes pédagogiques". Le ministre doit entamer la semaine prochaine une tournée en région, déclinée autour de 20 thèmes, pour convaincre du bien-fondé de sa politique. Avant un mini-débat parlementaire prévu en juin. Le 28 avril, il sera à Amiens, sur le thème de l'enseignement professionnel. Ce travail de fond doit permettre de préparer la réforme du "pilier" sur lequel s'appuie toute l'école depuis près de 15 ans, la loi d'orientation de 1989, dite Loi Jospin. *</sc

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