Édition du jeudi 27 janvier 2005
Attaqués par la droite, les présidents de région PS répliquent sur le "désengagement massif de l'Etat"
Les présidents de région PS, confrontés depuis deux jours aux vives critiques de membres du gouvernement et de l'UMP à propos des fortes hausses de la fiscalité prévues dans les budgets régionaux 2005, ont répliqué mercredi, dénonçant à nouveau le "désengagement massif de l'Etat" des politiques territoriales.
Après sa déroute aux élections régionales de mars 2004, qui ne lui avait laissé que deux régions métropolitaines sur 22, la droite a immédiatement compris l'avantage qu'elle pouvait tirer de l'annonce par les nouveaux exécutifs d'une augmentation de la fiscalité allant de 2 à 50%, selon les régions.
Lundi, indique lAFP, c'est l'UMP qui annonçait une campagne contre les "dérapages socialistes", avec tracts, affiches, publication d'un "livre noir" et une "grande réunion" début mars, affirmant que les hausses étaient dues aux "promesses démagogiques" des socialistes.
Mardi, ce sont le ministre délégué du Budget, Jean-François Copé, et la ministre déléguée à l'Intérieur, Marie-Josée Roig, qui prenaient le relais, appelant les présidents socialistes à assumer les conséquences de leurs "promesses électorales" sans se défausser sur le gouvernement.
Mercredi, les présidents de région PS ont donc choisi de "passer à l'offensive" à leur tour pour "rétablir la vérité", selon Ségolène Royal (Poitou-Charentes) et montrer, avec force exemples, que les régions et toutes les collectivités sont aujourd'hui "dans l'obligation d'augmenter la fiscalité" si elles veulent "faire face à leurs responsabilités" que n'assume plus l'Etat.
Ils ont également demandé au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un audit contradictoire sur la question.
Pour Michel Sapin (Centre), l'année 2004 "a marqué une rupture". "Soucieux de tenir ses dépenses pour pouvoir justifier une baisse des impôts, le gouvernement y est allé à la brouette, au camion, dans les transferts de charges" aux régions, dans les domaines relevant de compétences partagées.
"En Aquitaine, ce sont 5 millions d'euros en moins pour les aides aux entreprises, 13 millions deuros en moins pour les travaux routiers", qui doivent être compensés par la région, a déclaré Alain Rousset (Aquitaine), président de l'Association des régions de France (ARF), lors d'une conférence de presse.
En Bourgogne, François Patriat chiffre à 113 millions deuros l'effort de la région pour compenser les désengagements de l'Etat. A comparer, dit-il, aux 17,9 millions deuros correspondant aux "politiques nouvelles", soit 3,4% du budget régional.
En outre, souligne M. Sapin, les régions vont être confrontées dès 2005 aux premiers transferts de compétence prévus par la loi de décentralisation d'août 2004, transferts que, selon lui, l'Etat ne financera pas "à l'euro près" contrairement à ses dires. Il manquera 20 à 25%, soit au total une centaine de millions d'euros à la charge des régions, affirme-t-il.
Pour les présidents PS, ne pas assumer ces charges, ce serait renoncer par exemple à la modernisation industrielle, avec les risques pour l'emploi en résultant, ou accepter une diminution des services rendus aux citoyens.
"Fondamentalement, nous sommes en désaccord avec le gouvernement. Nous, on croit à la puissance publique, lui au libéralisme. Notre rôle, ce n'est pas de nous désengager d'un certain nombre de champs et de dire: le marché va faire", assure Claude Gewerc (Picardie). "Le vrai débat, ajoute-t-il, c'est : quels moyens on donne aux régions pour faire la politique qu'elles doivent faire ?", ajoute-t-il.</s
Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2
S'ABONNER GRATUITEMENT
NOUS ÉCRIRE
DANS L'ÉDITION DU JOUR
Les nouveaux élus locaux nommés au Conseil national d'aménagement et de développement du territoire
Retrouver une édition
Accéder au site






