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Édition du vendredi 19 février 2021
Coronavirus

Covid-19, le statu quo : ni relâchement ni durcissement des mesures sanitaires

Dans sa conférence de presse hebdomadaire, hier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé l'allongement à 10 jours de la durée de l'isolement pour les personnes testées positives au covid-19. Ce qu'il faut savoir, aujourd'hui, sur l'épidémie.
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« L’heure n’est pas au relâchement ». Dans sa conférence de presse du jeudi, Olivier Véran n’a pas laissé d’illusions à ceux qui auraient pu espérer « voir le bout du tunnel »  à court terme : le pays n’est « jamais sorti de la deuxième vague », a-t-il ajouté. Ce que confirment, chaque jour, les chiffres. Alors que le gouvernement aurait considéré comme une réelle sortie de cette deuxième vague le fait de tomber sous les 5 000 contaminations par jour, les chiffres sont toujours quatre à cinq fois supérieurs (22 501 cas supplémentaires hier, par exemple). Souvent adepte des formules chocs pour rappeler la gravité de l’épidémie, le ministre de la Santé en a livré une nouvelle, hier : « Chaque semaine, le covid-19 fait autant de victimes que les accidents de la route en font en une année. » 

Les variants progressent toujours

Dans ces conditions, il semble au gouvernement hors de question d’envisager un « relâchement »  des mesures sanitaires à court terme – malgré la lassitude et les interrogations, qui gagnent même une partie de la majorité, puisqu’hier, un groupe de députés de La République en marche a protesté, dans une lettre ouverte au Premier ministre, contre les « 300 jours de régime d’exception »  que connaît le pays et « l’extension quasi-illimitée des prérogatives de la puissance publique et la réduction drastique des libertés fondamentales ». 
Le ministre de la Santé a également donné de nouveaux chiffres sur l’évolution des variants : le variant détecté en Grande-Bretagne représente aujourd’hui plus d’un tiers (36 %) des cas de covid-19 en France, et ceux repérés en Afrique du sud et au Brésil, 5 %. La situation reste particulièrement tendue en Moselle et autour de Dunkerque ; le ministre a également évoqué la situation à Nice, « particulièrement inquiétante ». Le taux d’incidence dans la ville azuréenne (541 cas pour 100 000 habitants) est trois fois supérieur à la moyenne nationale et les services hospitaliers sont saturés.

Allongement de la quarantaine et jour de carence

Olivier Véran a fait deux annonces hier : la première est l’allongement à 10 jours de la période d’isolement pour tous les patients testés positifs. Rappelons que cette durée a souvent varié depuis un an que le pays vit sous la menace du covid-19 : de quatorze jours, d’abord, elle est repassée à sept jours, avant de repasser à quatorze à l’automne, puis de nouveaux à sept. Début février, le gouvernement avait annoncé un passage à dix jours uniquement pour les patients infectés par les variants repérés en Afrique du sud et au Brésil. Désormais, « par précaution », la quarantaine est fixée à dix jours pour tous les cas positifs (mais pas pour les cas contacts, qui restent à sept jours). Les autorités sanitaires font en effet état de « certaines études scientifiques »  selon lesquelles les variants provoqueraient « une durée de contagiosité plus longue »  que les cas classiques. 
Deuxième annonce du ministre : le dispositif d’arrêt de travail « automatique »  sur simple déclaration sur le site de l’Assurance maladie, sans jour de carence, est prolongé jusqu’au 1er juin. Attention, rappelons que ce dispositif est subordonné à la réalisation dans les 48 heures d’un test positif, faute de quoi, l’arrêt de travail est requalifié en absence injustifiée.

Festivals, sports : un peu d’espoir

Petite note positive annoncée hier : il a été confirmé que le gouvernement autorisera cet été au moins certains festivals. La nouvelle a été révélée au sortir d’une réunion entre la ministre de la Culture et le Syndicat des musiques actuelles. Deux conditions devront toutefois être respectées : une jauge maximale de 5 000 spectateurs présents en même temps ; et des spectateurs assis, en respectant une distance de sécurité entre chaque siège. Si cette annonce représente une bonne nouvelle pour certains festivals – de musique classique ou de théâtre, par exemple – elle signifie en revanche la très probable annulation des grands festivals de rock ou de musiques actuelles, comme le Hell Fest ou les Eurockéennes de Belfort. Le festival des Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère), qui avait accueilli 270 000 spectateurs en 2019, ne jette toutefois par l’éponge : « On s’adaptera », a déclaré hier son directeur, Jérôme Tréhorel. 
À noter également : la ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu, a annoncé ce matin qu’elle allait rencontrer demain les acteurs de certains clubs dans trois disciplines (football, basket et rugby) pour discuter « d’expérimentations possibles »  de reprise dans les stades ou les enceintes sportives. « Sur des protocoles sérieux et précis, on va pouvoir étudier la possibilité de reprendre », de façon « validée par les préfectures et l’ARS ». 

Vaccination des 50-34 ans

D’autres annonces ont été faites hier, sur le terrain de la vaccination cette fois. Alors que le cap du million de personnes ayant reçu une deuxième dose a été passé hier (2,4 millions ont reçu la première), le « Monsieur vaccination »  du gouvernement, Alain Fischer, a annoncé que les 65-74 ans commenceraient à être massivement vaccinés « début avril », au moment où le vaccin Johnson&Johnson sera autorisé. 
Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé notamment de la santé au travail, a annoncé quant à lui, hier soir, que la vaccination dans les services de santé au travail pourrait être autorisée à partir de la fin du mois (vaccin AstraZeneca). Elles concerneraient les personnes de 50 à 64 ans atteintes de comorbidités. Ce public pourra également être vacciné chez les médecins généralistes – du moins ceux qui se sont portés volontaires pour cela. Ils sont à ce jour environ 30 000, a précisé hier Olivier Véran.

Prévisions pessimistes

Reste que personne ne sait réellement, à ce jour, de quoi sera fait l’avenir à court terme : l’épidémie va-t-elle se maintenir au niveau actuel, très élevé mais encore gérable pour le système de santé, ou va-t-elle connaître une nouvelle explosion due aux variants ? Cette deuxième hypothèse est hélas celle que privilégie l’Inserm, dont une étude publiée il y a deux jours n’incite pas à l’optimisme : alors que les chiffres se sont stabilisés, ces dernières semaines, autour de 9 000 hospitalisations par semaine, l’Inserm prévoit que ce chiffre pourrait grimper à 15 000 début mars, et « plus de 25 000 »  vers le 20 mars, ce qui serait supérieur aux chiffres de la deuxième vague de cet automne. 
Cette hypothèse est également celle que redoute la Direction générale de la santé (DGS), puisqu’elle a diffusé, il y a trois jours, une note dans laquelle elle dit craindre, à moyen terme, « un niveau de saturation homogène de l’offre de soins pour la prise en charge des patients covid mais également non covid sur l’ensemble du territoire ». 

Franck Lemarc

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