Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 23 février 2021
Coronavirus

Confinements locaux : à qui le tour ?

L'évolution des chiffres de l'épidémie confirme que la tendance est à la dégradation. Maintenant que le gouvernement a fait le choix de revenir à des mesures de durcissement locales - mais aussi d'allègement, dans certains départements - les élus de plusieurs départements s'attendent, voire espèrent, des annonces rapides. Le point sur la situation.
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Le ministre de la Santé, Olivier Véran, et Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, l’ont affirmé ce week-end : « La tendance n’est pas bonne, elle n’est plus bonne ». Après plusieurs semaines de stabilisation de l’épidémie – à un niveau élevé – les chiffres montrent en effet, depuis quelques jours, que l’épidémie semble à nouveau repartir à la hausse. 

Tout le pays bien au-delà du seuil d’alerte

Il faut avant tout noter que même pendant la période où le gouvernement a fait preuve d’un certain optimisme, avec le refus surprise d’un nouveau confinement et même une déclaration d’Olivier Véran selon laquelle il n’y aurait peut-être « plus jamais »  besoin de reconfiner, les chiffres étaient alarmants. L’épidémie de covid-19 est à ce point rentrée dans le quotidien des Français qu’on en vient presque à considérer la situation comme apaisée lorsqu’il y a un 18 000 ou 20 000 contaminations et 200 à 300 morts par jour ! Il faut rappeler que le gouvernement lui-même avait, il y a trois mois, fixé comme objectif le fait de tomber à moins de 5 000 contaminations par jour. 
Maire info, à partir des données publiées en open data par Santé publique France, a calculé les taux d’incidence pour chaque département au 19 février (dernier jour où les données sont consolidées). Ce qui fait apparaître que la situation reste grave dans tout le pays.

 Il faut se rappeler le mois d’août dernier, où les autorités sanitaires scrutaient avec angoisse les départements qui dépasseraient le « seuil d’alerte », à savoir un taux d’incidence fixé à 50 cas pour 100 000 habitants. Aujourd’hui, pas un seul département de la métropole n’est en-dessous de ce seuil d’alerte et seuls trois d’entre eux (la Corse-du-Sud, le Finistère et les Pyrénées-Atlantiques) sont en dessous d’un taux d’incidence de 60 pour 100 000. 
Pire, 85 % des départements avaient, au 19 février, un taux d’incidence de plus de 100 pour 100 000 habitants, soit le double du seuil d’alerte. Il faut aller outre-mer pour trouver des départements relativement épargnés par l’épidémie – notamment la Martinique (15,6), la Guyane (24,4) et la Guadeloupe (48,5). 
A l’inverse, c’est également en outre-mer que se trouve le département le plus durement frappé à ce jour, Mayotte, avec un taux d’incidence de 848 pour 100 000 habitants. 

Dunkerque : vers un confinement partiel ?

En métropole, ce sont bien les Alpes-Maritimes qui sont les plus touchées, avec un taux d’incidence de 583 pour 100 000 le 19 février (et même 587 hier, selon les chiffres donnés par le préfet). Vingt-six départements ont un taux d’incidence supérieur à 200. Pour 15 d’entre eux, le chiffre est supérieur à 250 (Oise, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Somme, Paris, Nord, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Var, Moselle, Bouches-du-Rhône, Pas-de-Calais, Saint-Barthélemy, Alpes-Maritimes et Mayotte). 
Dans le Nord (taux d’incidence de 293), la situation est toujours particulièrement inquiétante dans l’agglomération de Dunkerque, où ce taux flambe : il est passé de 713, vendredi, à 900 pour 100 000, selon l’ARS. Une situation qui fait se demander aux élus, et notamment au maire de Dunkerque, pourquoi les mesures prises dans les Alpes-Maritimes ne le sont pas dans le département du Nord. Le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, a demandé hier à être reçu d’urgence par le Premier ministre. Le député du Nord Paul Christophe, quant à lui, a publiquement regretté hier que le ministre de la Santé ne se soit pas déplacé à Dunkerque comme il l’a fait en Moselle et à Nice. Il a été entendu : le ministre se rendra sur place demain. 
Les élus des départements les plus touchés, dans le nord du pays, en Moselle, mais aussi dans toute l’Île-de-France, attendent donc de savoir si des mesures locales vont être prises dans les prochains jours, voire les prochaines heures, pour tenter d’endiguer la remontée de l’épidémie. Selon les informations de nos confrères de la Voix du Nord, ce matin, Matignon aurait acté la nécessité de mettre en place des mesures supplémentaires autour de Dunkerque. Tous les maires de l’agglomération devaient se réunir, ce matin, par visioconférence, pour échanger sur les mesures qu’ils souhaitent. 

Allègements locaux

Dans ce contexte, il est à noter que dans certains départements, c’est au contraire à un allégement des mesures sanitaires que l’on assiste. Ainsi, hier, en Haute-Savoie, le préfet a annoncé que les magasins rattachés à un centre commercial fermé mais accessibles depuis l’extérieur, sans entrer dans la galerie marchande, seraient autorisés à rouvrir. Une telle décision avait déjà été prise, vendredi, en Vendée. 
Plus étonnant : le député du Val-d’Oise François Pupponi a annoncé hier sur twitter que le préfet venait de lui annoncer son accord pour la réouverture du centre commercial Les Flanades, à Sarcelles. Cette information n’est pas confirmée à cette heure. 
Dans le même temps, certains élus appartenant aux départements les moins touchés par l’épidémie demandent un allégement des mesures sanitaires, estimant que la « territorialisation »  des mesures peut fonctionner dans les deux sens. C’est le cas par exemple en Bretagne dont certains départements (Finistère et Côtes-d’Armor en particulièrement) ont un taux d’incidence inférieur à 100. Les élus qui se sont exprimés ne demandent pas, naturellement, la levée des mesures, mais par exemple un début du couvre-feu à 20 heures au lieu de 18 heures. C’est le cas, par exemple, du maire de Ploemeur, dans le Morbihan, Ronan Loas. 
Le problème est que même dans ces départements où les taux sont relativement bas, ils sont tout de même en augmentation par rapport à la semaine passée. 
Il reste maintenant, au-delà du cas de Dunkerque, qui semble tranché, à attendre les décisions du gouvernement face à une situation qui se dégrade. Rappelons que ce week-end, l’exécutif s’est donné « de huit à dix jours »  pour prendre de nouvelles décisions. 

Franck Lemarc

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