Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 11 janvier 2021
Coronavirus

Épidémie : les informations du week-end à retenir

Toujours pas d'accalmie sur le front de l'épidémie ce week-end, mais, au contraire, des inquiétudes accrues sur la diffusion du variant repéré en Grande-Bretagne. Neuf nouveaux départements sont, ou seront d'ici demain, soumis au couvre-feu à 18 heures. 
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© Pixabay

La France est toujours aussi loin des 5 000 contaminations par jour – objectif fixé par le gouvernement pour le 15 décembre dernier – qu’elle l’était avant les fêtes : Santé publique France a annoncé hier presque 16 000 cas supplémentaires en 24 heures et 151 décès. En une semaine, 1 375 personnes supplémentaires ont été admises en réanimation. 

Inquiétudes à Marseille, tests à grande échelle à Roubaix

Depuis une dizaine de jours, c’est essentiellement la diffusion de nouveaux variants du covid-19, nettement plus contagieux, qui inquiètent les autorités (lire Maire info de vendredi). 
Sur les deux foyers potentiels détectés en fin de semaine dernière, celui de Chantepie, en Ille-et-Vilaine est peut-être moins inquiétant que prévu : la personne qui a été contaminée par un variant n’est pas porteuse du « VOC 202012/1+ », nom officiel du variant qui a envahi la Grande-Bretagne. En revanche, à Bagneux (Hauts-de-Seine), c’est bien cette souche qui a infecté une personne travaillant comme assistant de vie scolaire dans deux établissements de la commune. La mairie a organisé des tests massifs ce week-end pour essayer de « pister »  la diffusion de cette nouvelle souche du virus. 
Mais c’est à présent vers Marseille que se tournent les regards, où sept nouveaux cas ont été détectés après celui d’une personne partie fêter Noël en Grande-Bretagne. Le maire de la ville, Benoît Payan, a alerté hier sur une montée « très inquiétante »  du nombre de cas. Preuve de la contagiosité de ce nouveau variant : « La moitié des cas contacts de la première personne contaminée sont positifs », indiquait hier Benoît Payan. 
À Marseille, l’analyse des eaux usées par les marins-pompiers de la ville permet, depuis plusieurs mois, d’anticiper la progression de l’épidémie – en cherchant des traces du virus dans les eaux usées, ce qui permet d’obtenir un résultat indépendant du nombre de tests dans la population. Selon les marins-pompiers de Marseille, le virus se remet à progresser de façon « très inquiétante ». 
Enfin, c’est aujourd’hui que débute une opération de tests de grande ampleur à Roubaix (Nord). Cette opération devrait permettre de repérer, à l’échelle d’un vaste échantillon de population, l’éventuelle diffusion du variant britannique.

Couvre-feu à 18 heures : neuf nouveaux départements concernés

C’est dans ce contexte que, comme l’avait annoncé le Premier ministre, le couvre-feu à 18 heures a été étendu (ou va l’être demain) à neuf départements supplémentaires, en plus des quinze où c’est déjà le cas. Ce couvre-feu à 18 heures est entré en vigueur hier dans les Bouches-du-Rhône, l’Allier, le Cher, la Côte-d’Or, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le Vaucluse ; il débutera demain dans la Drôme et le Var. 


Dans plusieurs de ces départements, la « concertation »  promise par le gouvernement s’est résumée à une information de la part du préfet – parfois dans une certaine confusion. Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs élus se sont déclarés opposés au couvre-feu avec plus ou moins de virulence. Le maire de Marseille a déclaré hier que ce n’était pas « une solution miracle »  et en tout cas « pas suffisant » : « Le seul confinement qui fonctionne, c’est le confinement général. »  Le président de la région Paca, Renaud Muselier, par ailleurs président de Régions de France, a dénoncé hier une « concertation factice » : « Toutes les décisions nous sont imposées. » 
À noter enfin sur ce sujet que plusieurs communes des Alpes-Maritimes – département passé sous couvre-feu à 18 heures dès le 1er janvier – contestent cette décision devant le tribunal administratif, qui examinera leur référé-liberté ce matin. Il s’agit des communes de Cannes, Grasse, Antibes et Villeneuve-Loubet.

Aggravation générale dans le monde

Dans le monde, la situation épidémique reste toujours aussi grave aujourd’hui : un an jour pour jour après que la Chine eut annoncé officiellement, le 11 janvier 2020, le premièr décès dû à « une forme inconnue de pneumonie », l’épidémie a fait 1,84 million de morts dans le monde.
L’Allemagne, relativement épargnée lors de la première vague, a franchi ce week-end la barre des 40 000 morts. Le variant britannique est repéré chaque jour dans de nouveaux pays – les derniers en date sont la Russie et le Mexique. En Chine, le gouvernement vient de replacer deux villes (18 millions d’habitants) en quarantaine. 
En Grande-Bretagne, la situation est dramatique : elle a été qualifiée hier de « situation la plus dangereuse dont on puisse se souvenir »  par le médecin-chef du pays, Chris Whitty, qui craint une saturation imminente du système de santé. À Londres, une personne sur 30 est infectée, selon le maire de la ville, Sadiq Kahn, qui a décrété « l’état d’alerte ». Dans le pays, le taux d’incidence dépasse à présent les 1000 contaminations pour 100 000 habitants. 
Les États-Unis restent enfin dans une situation critique, en particulier dans l’État de Californie. Le pays a enregistré vendredi un nouveau record de contaminations (290 000 cas en 24 heures) et connu 4 000 décès dus au covid-19 en une journée. À Los Angeles, en Californie, devenue l’épicentre de l’épidémie aux États-Unis, le seul hôpital Martin-Luther-King accueille 215 malades du covid-19… pour 131 lits. Le gouvernement de l’État de Californie a annoncé en fin de semaine avoir déployé 166 camions frigorifiques pour conserver les corps, les morgues étant totalement saturées. 

Franck Lemarc

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