Édition du lundi 6 mai 2013


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La Commission européenne dresse un sombre tableau de l'économie française

La commission européenne a accordé un sursis de deux ans à la France pour revenir sous la « barre des 3% » – c’est-à-dire pour ramener le déficit de ses finances publiques en-dessous de 3% de son produit intérieur brut (PIB). À l’origine, cet objectif devait être atteint dès 2013 ; la Commission va repousser le délai jusqu’à 2015.
Ce qui peut apparaître comme une nouvelle soulageante ne l’est pas tant que cela : si le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn, a annoncé cette décision, c’est uniquement parce que la Commission estime que l’état économique de la France est si mauvais qu’elle aurait été de toute façon incapable de repasser sous la barre des 3% en 2013 ou en 2014. Les experts de la Commission se montrent en la matière nettement plus pessimistes que ceux de Bercy : alors que les services du ministère des Finances estime que le déficit public sera ramené à 2,9% en 2014 – donc sous la barre fatidique des 3% – ceux de Bruxelles tablent au contraire sur un chiffre de 4,2% en 2014.
La Commission est tout aussi pessimiste sur les chiffres de l’emploi : elle semble ne pas accorder beaucoup de crédit aux engagements du gouvernement français « d’inverser la courbe du chômage » fin 2013. Bruxelles anticipe en effet un taux de chômage en France de 10,9 % en 2014 (contre 10,6 % aujourd’hui). Même pessimisme sur le niveau d’endettement : selon Bruxelles, la dette publique va continuer d’augmenter à un rythme inquiétant , passant de 90,2% du PIB à 96,2% en 2014. Pour compléter ce sombre tableau, la France devrait entrer en récession cette année, avec un taux de croissance de -0,1% : la baisse du pouvoir d’achat des ménages, chômage oblige, tire la consommation vers le bas.
Si la Commission a donné un petit répit à l’État français, c’est donc tout simplement parce que ne pas le faire eût été totalement irréaliste. En revanche, Olli Rehn a clairement explique vendredi dernier qu’il attendant, en contrepartie de ce délai, que la France fasse de très important efforts et « poursuive les réformes engagées ». Il a en outre demandé au gouvernement français de « préciser rapidement quelles nouvelles actions (il) compte entreprendre », sur des sujets tels que « le marché du travail, les retraites, l’ouverture à la concurrence de certaines professions ou de certains marchés ».
La Commission attend que la France, à l’instar de plusieurs pays européens, réforme profondément le marché du travail, notamment en assouplissant le système du CDI (contrat à durée indéterminée), recule l’âge de la retraite et mette fin aux anciens monopoles d’État, comme celui de la SNCF. On attend maintenant la réaction du gouvernement français face à ce qui est clairement une demande d’aggravation de la rigueur et d’accélération de réformes forcément impopulaires.
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