Édition du vendredi 5 juillet 2019


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Corse : Édouard Philippe confirme de nouveaux investissements

Pour sa première visite en Corse, mercredi, Édouard Philippe a mis en avant les politiques « sur-mesure » pour l'île, malgré les avertissements lancés par les élus nationalistes, soucieux de ne pas occulter les « questions politiques ».
« Nos concitoyens n'attendent pas des déclarations, ils attendent des actes », a estimé le Premier ministre à son arrivée à Bastia. « La question corse n'est pas seulement une question économique, sociale, culturelle ou sociétale. Elle est aussi et fondamentalement une question politique », l'a prévenu quelques minutes plus tôt dans une allocution le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni.
« Ne pas prendre en compte cette dimension c'est une forme de déni de démocratie et c'est prendre le risque de l'échec pour la Corse, pour la République, pour ceux qui vivent ici et qui y vivront demain », a poursuivi le leader autonomiste, à la tête de la collectivité de l'île, au sein d'une coalition nationaliste, depuis décembre 2017.

18 mois de chaud-froid entre l'État et les élus locaux
Après 18 mois de chaud-froid entre l'État et l'exécutif local, c'est évidemment la rencontre entre le Premier ministre d'un côté, Gilles Simeoni et le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, qui a cristallisé l'attention de ce premier déplacement du chef du gouvernement. L'entretien d'une heure a surtout permis de constater les désaccords sur tous les points que les nationalistes qualifient de « revendications fondamentales » : co-officialité de la langue corse, création d'un statut de résident, rapprochement des prisonniers corses, inscription de la Corse dans la Constitution, et plus généralement une autonomie accrue.
Reconnaissant qu'il n'y avait pas eu d'avancées à proprement parler, Gilles Simeoni a poursuivi : « Le Premier ministre et les ministres qui l'accompagnaient ont écouté nos demandes, notre démonstration. (...) Nous n'attendions pas forcément de réponse immédiate aujourd'hui. Ce que nous attendons (...), c'est une modification profonde du cap pris par le gouvernement et l'État en Corse, nous espérons que cela sera le cas dans les jours et dans les semaines à venir ».
Pour Édouard Philippe, qui ne manque pas de rappeler que la Corse est « une des collectivités les plus décentralisées de la République », l'île aura « toute la place qui lui revient » dans le futur projet de loi « décentralisation et différenciation » que la ministre Jacqueline Gourault élabore pour le premier semestre 2020. Et si la révision constitutionnelle finissait par être examinée et adoptée, une mention de la Corse figurerait bien dans la loi fondamentale, a-t-il assuré.
Il a aussi appelé à faire « un point d'étape », peut-être au Parlement, 18 mois après la création de la collectivité unique de Corse.

« Pragmatisme »
L'objectif est autant d'inaugurer « une nouvelle méthode de discussion », en ligne avec l'acte 2 du quinquennat appelé par Emmanuel Macron, que de marteler que « le dialogue n'est pas une fin en soi ».
Ce pragmatisme s'est exprimé par l'annonce mercredi de la création d'ici un an d'un nouveau plan d'investissements pour l'île (PTIC), destiné à prendre le relais du Plan exceptionnel d'investissement (PEI), en vigueur depuis 2002 et qui a permis d'engager près de 2 milliards d'euros.
Le PTIC « devra contribuer au développement durable de la Corse et répondre aux besoins prioritaires de ses habitants », a plaidé le Premier ministre, en précisant que l'État maintiendrait « l'engagement financier équivalent à celui du PEI sur une nouvelle période de cinq ans », sans préciser d'enveloppe.
Le Premier ministre, qui a rappelé qu’en Corse un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, a détaillé la signature de plusieurs « contrats » ou « pactes » avec les différentes collectivités, dont la convention d’appui à la lutte contre la pauvreté et l’accès à l’emploi qui financera notamment « la tarification sociale des cantines, c’est-à-dire les repas à un euro dans les petites communes rurales (et) le soutien à la garantie jeune (revenu minimum versé aux jeunes en situation de précarité quand ils s’engagent à suivre un parcours d’insertion professionnelle) sur le territoire bastiais », et un « plan régional d'investissement sur les compétences » de 81 millions d'euros pour 2019-2022, abondé à hauteur de 28,5 millions d'euros par l'État.
Édouard Philippe a également souhaité la création d'un « conseil de développement » réunissant élus, société civile, acteurs économiques et sociaux, en liaison avec la collectivité de Corse, afin de préparer ce plan, à partir du mois de juillet. La préfète de Corse devra présenter à la fin de l'année une « première maquette » du plan afin de parvenir à une signature du plan définitif « à l'été 2020 ».
En fin d'après-midi à Ponte-Leccia, Édouard Philippe se penchait auprès des maires sur l'épineuse question de l'urbanisme. Emmanuel Macron avait promis de démêler l'écheveau alors que se superposent de nombreuses contraintes : application de la loi littoral, de la loi montagne, respect du Plan d'aménagement et de développement durable pour la Corse (Padduc) et notamment des espaces stratégiques agricoles (ESA) dont la cartographie a été récemment retoquée par la justice.
Ludovic Galtier (avec AFP)
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