Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 3 mars 2025
Catastrophes

La Réunion lourdement frappée par le cyclone Garance

Le cyclone Garance a fait quatre morts à La Réunion, malgré l'alerte violette et le confinement total exigé de la population. Trois jours plus tard, l'île panse ses plaies et commence à réparer les dégâts.

Par Franck Lemarc

Depuis samedi, la préfecture de La Réunion a mis fin à l’alerte rouge et placé l’île en « phase de sauvegarde cyclonique », sous la devise : « La menace est écartée, pas le danger ». Les conséquences du passage de Garance continuent en effet de mettre en danger la population, avec les câbles électriques tombés au sol, les risques d’éboulement et de glissement de terrain, les radiers submergés, les arbres arrachés qui entravent la circulation. 

Les réseaux gravement touchés

Le cyclone a été d’une grande violence, avec des vents de plus de 230 km/h et des pluies diluviennes qui ont fait déborder les cours d’eau. La maire de Saint-Denis et ancienne ministre Erika Bareigts a témoigné, dès vendredi, de « crues historiques » : « De mémoire de Réunionnaise, on n’avait jamais vu des montées des eaux telles qu’on vient de le vivre ». 

Malgré le confinement absolu, le bilan est de quatre morts, dont une personne emportée par les eaux. Mais une fois encore, l’alerte violette, qui interdit tout déplacement, y compris des services de secours, a probablement évité un bilan bien plus dramatique, vu la violence de l’événement. 

Après le passage du cyclone, « plus puissant »  encore que Bilal il y a un an, l’île est « défigurée », de l’aveu du préfet Patrice Latron, qui ce matin encore appelle la population à « limiter au strict minimum ses déplacements ». La préfecture a publié, hier soir, un point de situation qui donne une idée de l’ampleur des dégâts. 

Juste après le passage de Garance 180 000 foyers ont été privés d’électricité. Ils restent ce matin 90 000. Une centaine de lignes à haute tension (63 KV et 15 KV) ont été touchées, avec notamment 21 pylônes haute tension renversés. En métropole, Enedis a activé sa « force d’action rapide », avec notamment une vingtaine d’agents de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne qui ont décollé hier pour La  Réunion. Du matériel (câbles, groupes électrogènes, nacelles, engins spécialisés) va être acheminé en ce début de semaine.

Deuxième point chaud : l’eau. Selon la préfecture, plus de 36 % de la population n’avait encore pas accès à de l’eau potable hier – soit plus de 300 000 personnes. Entre les dégâts sur les stations de traitement, les canalisations arrachées et des captages obstrués, de lourds travaux sont à conduire, et prendront encore plusieurs jours. En attendant, la préfecture et les communes ont déployé des citernes mobiles et distribuent des packs d’eau. Même là où de l’eau du robinet est disponible, il est demandé aux habitants de ne pas l’utiliser pour des usages alimentaires, car elle risque d’être polluée.

Quant à la téléphonie, elle reste très perturbée, avec environ un tiers des abonnés qui restent privés de téléphone et d’internet, selon la préfecture. 

Le réseau routier reste « difficilement praticable », notamment du fait des arbres tombés. 

Baignade interdite et vente directe

La préfecture fait également le point sur les moyens humains déployés. Un détachement de la Sécurité civile (90 personnes) est arrivé dès dimanche de Mayotte, et une deuxième vague (Sécurité civile, gendarmerie nationale et Enedis) arrive aujourd’hui. Sur l’île, « 1 000 policiers et gendarmes »  sont mobilisés « pour éviter les pillages ». 

Autre conséquence du cyclone : l’Agence régionale de santé interdit, pendant au moins les 48 heures à venir, toute baignade, que ce soit dans les rivières ou en mer, les inondations ayant propagé des « matières polluantes »  dans les eaux des sites de baignade. Des analyses sont en cours, et il est demandé aux habitants de ne pas se baigner tant que leurs résultats ne sont pas connus. 

Hier dimanche, le préfet a autorisé exceptionnellement l’ouverture de tous les commerces alimentaires et non alimentaires, afin de permettre à la population de se réapprovisionner. Par ailleurs, il a autorisé, jusqu’à aujourd’hui, la vente directe de fruits et de légumes par les producteurs, pour éviter que les stocks se dégradent et pour « répondre aux besoins de la population ». 

Environ un millier de personnes restaient encore hébergées, hier, dans des centres d’hébergement, soit que leur habitation ait été endommagée, soit parce qu’elles étaient dans l’incapacité de pouvoir regagner leur logement.

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