Édition du lundi 21 septembre 2015


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Les citoyens associés à la mobilisation du 19 septembre

Répondant par centaines, dans chaque département, à l’appel de l’Association des maires de France et des présidents d'intercommunalité qui organisait cette journée nationale d’action contre la baisse des dotations, les élus ceints de leur écharpe tricolore ont été nombreux samedi à manifester leur colère. Dans de nombreuses communes, les maires et leurs associations départementales ont fait en sorte d’associer les citoyens à la protestation, en cherchant à les informer et en les incitant à prendre position.
Présence sur les marchés, opérations « mairie ouverte », rassemblements et manifestation citoyennes, les initiatives ont été variées. Dans de nombreuses mairies, la municipalité mettait à disposition des habitants des ordinateurs leur permettant de signer en ligne la pétition-appel de l’AMF. Ailleurs, ce sont des pétitions sur papier qui ont été signées par des citoyens désireux de défendre les services publics. Des communes ont organisé des séances de photos d’habitants mobilisés, d’autres encore ont organisé, dans la salle du conseil municipal, des projections du clip de l’AMF sur la conséquence des baisses de dotation et animé des débats.
Si l’on y ajoute la couverture par la presse nationale et locale de ces événements, on peut estimer que cette journée de mobilisation a rempli son principal objectif, qui était de sensibiliser la population sur ces questions et lui expliquer, comme l’ont répété beaucoup de maires ces dernières semaines, qu’il ne s’agit pas seulement d’un débat d’experts.
A Troyes, François Baroin (LR), président de l'Association des maires de France, était entouré devant l’hôtel de ville de quelque 200 élus du département de l'Aube, ceints de leur écharpe tricolore et portant à la poitrine un autocollant « J'aime ma commune ». « L'Etat ne prend pas la mesure des difficultés pour les communes qui vont se retrouver très vite au ralenti notamment pour la commande publique, sans compter l'impact sur les PME et TPE », a-t-il déclaré. Selon le président de l’AMF, « la baisse des dotations sera autour de -30% d'ici 2017 et de -10% pour les investissements publics, ce qui représente au moins 0,2 point de croissance ».
À Montauban, 150 personnes ont manifesté, avec à leur tête des maires, essentiellement LR, du département. A Toulouse, le maire, Jean-Luc Moudenc (LR), a signé avec une cinquantaine d’élus la pétition en ligne de l'AMF dans la salle du conseil municipal « pour donner de la solennité à cet acte ». A Givors, dont le maire est le PCF Martial Passi, des banderoles avaient été déployées devant la médiathèque ou le conservatoire de musique, proclamant « cet équipement est menacé de fermeture, mobilisons-nous ». À Bagneux (voir reportage ci-dessous), la maire Marie-Hélène Amiable a manifesté dans la ville avec plusieurs centaines d’habitants brandissant des pancartes hostiles à la baisse des dotations.
Alors que leur parti les avait appelés à s'abstenir de participer à cette mobilisation, plusieurs maires socialistes sont également allés samedi à la rencontre de leurs administrés dans le cadre de cette journée nationale d'action. C'est ce qu'ont fait André Laignel à Issoudun, Michel Vergnier à Guéret, Pierre Ducout à Cestas ou encore Jean-Louis Puisségur à Pointis-Inard.
Dans de nombreux départements, les élus ont également choisi de se faire entendre directement devant les préfectures.
Cela a été le cas à Lille, où quelque 300 élus de communes du Nord se sont ainsi rassemblés devant la préfecture où une délégation a été reçue par le préfet. « Le service public, les Français y sont attachés. Aujourd'hui, les maires résistent face à cet assèchement financier », a affirmé Patrick Masclet, sénateur-maire d'Arleux (LR) et président de l'Association des maires du Nord. « Si cela continue, on sera amené à augmenter le prix des repas à la cantine, ne pas renouveler certains départs en retraite et baisser les subventions aux associations », s'est exclamé, quant à lui, le maire PCF de Waziers, Jacques Michon. Seul élu socialiste présent, le maire d’Haspres (2 800 habitants)
Dans l'Ain, quelque 200 élus de tous bords ont défilé jusqu'à la préfecture à Bourg-en-Bresse.
A Bordeaux, le maire Les Républicains (LR) Alain Juppé s'est déclaré « totalement solidaire du mouvement » devant 200 élus girondins venus protester devant la préfecture de la Gironde. Le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou, a également participé « par solidarité » à la manifestation dans sa ville.
Dans l'Oise, les représentants de 300 communes ont exprimé leur colère « car certaines sont au bord de la faillite », a affirmé Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais et présidente de l’association Villes de France.
La mobilisation s’est également faite en outre-mer. Neuf maires (huit de droite, un communiste) sur les 24 que compte La Réunion se sont rassemblés à Saint-Denis.
Répondant un jour à l’avance à l’appel du 19 septembre lancé par l’AMF, des maires de communes populaires de Seine-Saint-Denis avaient déjà exprimé vendredi leur inquiétude que la baisse des dotations de l’État se traduise par une détérioration de la qualité des services publics, lors d'une manifestation à Saint-Denis.
« Nos villes ont besoin d'investissements, en raison de la croissance démographique mais aussi parce qu'une ville populaire a besoin de services publics au plus près des gens », a déclaré à l'AFP le maire communiste de Saint-Denis, Didier Paillard. En réponse à la poussée démographique, la ville a ainsi construit avec ses deniers « 18 écoles en dix ans ». La dernière a été inaugurée jeudi. Coût des travaux : 22 millions d'euros, quand la baisse cumulée (2014-2017) de la dotation globale de fonctionnement (DGF) est estimée à 26 millions pour la commune. Pour le maire divers droite d'Epinay-sur-Seine, Hervé Chevreau, cette baisse (-9 millions d'euros) « met en péril les entreprises du BTP, que les collectivités locales sont les premières à faire travailler ». « Depuis 2003, on a fait le choix de ne pas augmenter la fiscalité et on fait attention à toutes nos dépenses, mais on ne pourra pas continuer ainsi, il va falloir faire des restrictions et certains services au public vont en pâtir plus que d'autres », a-t-il ajouté.
Vendredi également, plusieurs maires avaient décidé d’une opération « mairie morte » en fermant les portes de la mairie. Ce fut le cas notamment pour de nombreuses communes du Rhône, du Gard ou encore de Dordogne.
(Avec Afp)
 
 
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